lundi 9 août 2010

The one you'll never see online!

La dernière note de mes aventures en terre américaine, et la dernière note dont je tairai le récit. A J-1 avant mon départ, je pris une photo de ma dernière carte postale destinée à ma chère et tendre: moyen comme un autre pour immortaliser le moment. La lettre devait arriver après moi mais ceci n'avait pas d'importance. C'est le geste qui compte en espérant bien sûr que la poste ne l'égare pas. J'avoue avoir joué de mal chance lors de mes nombreux envois de cartes ou de colis; nombreuses ont été les excuses, les plus plausibles les unes que les autres: une escale au Groendland qui gela tout transport, un pigeon voyageur mal informé, une douanière en mal de passion ne voulant se défaire de mon récit...
Les paroles figurant dans cette carte postale clôtureront donc mon séjour américain et seront peut-être un jour incorporées dans un long album photo souvenir des nombreuses aventures du Croco aux States. J'espère que vous avez aimé ces quelques récits en la matière de longues excursions dans les parcs nationaux, de chemins insolites empruntés, d'aventures fantastiques de nos amis Tic & Tac, de rencontres uniques, d'une découverte dans un premier temps difficile d'une civilisation et de ses mœurs pour je pense être mieux appréciés par la suite, d'une tentaculaire L.A. sans égale, de déserts florissants, de poèmes ardents, de montagnes vertigineuses, de plages merveilleuses... La liste est sans fin vous en conviendrez, à l'image de mes nombreux souvenirs... Merci. God bless you and God bless the United States of America.
La dite carte-postale photographiée à J-1 sur Mentone avenue représentant San Francisco et plus précisément Russian hill aka "The crookedest street"I'm coming back sweet love

dimanche 8 août 2010

VIPs au coeur de L.A.

Allez, débutons cette note avec une toute petite leçon d'anglais: V.I.P. Oui, veuillez prononcer "Vi-Aïe-Pi". Ce sigle signifie Very Important Person. Il désigne ainsi un nombre restreint de personne auquel on accorde des privilèges inhabituels, des droits souvent inappropriés dus à leur statut généralement de haute importance. Prenons un exemple concret et récent, les vols en jet privé de notre ministre Michelle Alliot-Marie en vacances en Tunisie chez le président Ben Ali. Finalement, toute personne de notoriété est considérée comme V.I.P. Ce n'est pas le footballeur portugais Christiano Ronaldo qui démentirait ce fait avéré. A propos, le Real de Madrid doit être opposé prochainement à l'équipe des Los Angeles Galaxy, et pour l'occasion l'un des terrains du campus a été réquisitionné pour un entraînement d'avant match. Habitués aux grands rendez-vous, les galacticos n'ont pas vraiment montré un réel enthousiaste envers les fans présents sur place. En réalité, ces vedettes du ballon rond sont presque passées inaperçues puisque seulement une centaine de personne s'était massée pour les observer. Un vendredi soir, à 17h, entrée gratuite, ciel bleu dominant, l'instant était-il mal choisi? Et oui, ici le soccer n'est pas roi au pays où seul règne le football dit américain!
L'illustre Christiano Ronaldo à UCLA
Parallèlement à cet événement, ce vendredi même, deux protagonistes de renom profitaient de leur séjour à Santa Barbara pour rallier Los Angeles. Ils venaient certainement de bénéficier d'une douce quiétude de quelques jours, jouissant ainsi du cadre unique de la ville, de son calme et certainement d'un de ses hôtels luxueux. Avaient-ils passé leur temps sur un terrain de golf ancré au beau milieu d'un canyon ou s'étaient-ils reposés dans un riche vignoble de la région? Nul ne le sait, ils se sont fait discrets. Richissime couple, australien de nature, ces tourtereaux ont a de nombreuses reprises brillé sous le soleil du pays d'Oz. A travers ce voyage, peut-être cherchaient-ils à suivre les traces de leur musicien d'origine Jack Jonhson. Ou bien envisageraient-ils une carrière cinématographique en outre-Atlantique, d'où leur communiqué dans la presse de vouloir visiter les studios d'Hollywood. Quoiqu'il en soit leur popularité est déjà notable. Bien plus célèbres que les rugbymen australiens, les wallabies, il sont également connus pour leur profonde affection envers les wombats (sorte de porc-épic local). Lui, agile comme un bilby (physionomie commune?), a vu sa carrière footballistique évoluée et migrée vers le modeste continent danois. Il a ainsi troqué ses palmes et son tuba pour des big boots et un bonnet. Les blonds du coté d'Arhus l'ont finalement rebaptisé Boukensen. Elle, plus délicate et légère, attention seulement d'apparence, est une surfeuse aguerrie de très haut niveau. On la compare à Layne Beachley c'est pour dire!
Vous l'aurez compris, ces deux monstres du showbizz sont de notoriété internationale et privilégient sans nul doute de l'étiquette V.I.P. Pas étonnant donc que de modestes footeux, mêmes galactiques, soient passés inaperçus. L'univers s'était momentanément arrêté de tourner, le temps de leur arrivé sur L.A. Leur visite en terre californienne était programmée depuis plus d'une année déjà. Tout avait été chamboulé pour l'occasion, programmes, festivités, destinée ou simple coïncidence, leur passage sur L.A. concordait avec mon dernier weekend sur le sol américain. Ils venaient de traverser la moitié du globe et leur soif de découverte était sans limite. Vous l'aurez compris ce séjour devait être inoubliable, VIPs dans l'âme ces deux passionnés allaient alors bénéficier d'une visite unique de la ville aux milles paillettes.
Tous réunis: Matt dit l'intrépide, Boukensen dit le danois et M-H dit la surfeuse (ou wombat)YMCA sur Hollywood Blvd
ou... Young Men Californian!
Pour l'occasion, Matt le San Franciscain, nous fit l'immense honneur de sa présence. L.A. était alors en totale effervescence. La dernière fois que la ville eut connu tel ébranlement, hormis toute secousse sismique, fut lors de la visite d'Alexia et de sa tatie Anita. Ainsi, les Very Important Persons ont droit a des traitements de faveur dus à leur rang, nulle dérogation à la règle et ces célébrités allaient goûter à une visite toute particulière de L.A. Avec le peu de temps qu'il m'était accordé, la tâche semblait ardue. Je m'en tenais donc à une règle simple celle de visiter cette ville sur-dimensionnée tout en tentant de leur nuancer ses traits et de leur apporter un point de vue plus local. La visite allait tout simplement être inoubliable...
Lunettes de soleil sur Manhattan beach
Les lieux phares se devaient d'être visités à ne pas en douter. Ainsi, après un atterrissage sur le campus de UCLA, la venue de galacticos et les regrets d'un dernier Jamba Juice (Strawberry Surf Rider pour être exact), nous fîmes cap vers le littoral et échouèrent sur Venice beach. Là, Venice usait comme à son habitude de son excentrisme. Les derniers rollers et autres surfers profitaient des derniers rayons de soleil, Venice s'éteignait petit à petit, et ce quartier à caractère hippie était sur le point de s'endormir. Les skaters nous offraient leurs ultimes acrobaties alors que la fraîcheur de la nuit se faisait déjà sentir. Promesse d'un weekend sous l'effigie V.I.P., nous nous laissâmes tenter par le restaurant japonais par excellence de Venice: Hama sushi (http://www.hamasushi.com/). Le verdict fut bien entendu sans appel, les rouleaux de maki sont particulièrement colorés, soignés et appétissants. La touche californienne nous aura finalement conquis. Dans cette même soirée, je leur fis visiter le petit centre-ville de Culver City, en effet un brin de civilisation à l'européenne est si revitalisant dans cette ville. Dès cette première soirée, les touristes auront doré déjà pu côtoyer le caractère atypique de cette ville, de ses habitants et la visite ne faisait que commencer.
Jamba Juice: plus qu'une passion, une addiction
Le lendemain matin, après avoir essuyé un embouteillage coutumier sur le freeway 405, nous fîmes cap en direction de Malibu en empruntant le PCH. Là, je vous fais grâce des épisodes crèmes de bronzage et autre tires à la Beckam, disons que pour faire simple la journée plage se déroula sans escarmouche. On notera simplement: une triste perte de "la" balle, un PV devenu routinier pour Matt, une vague dévastatrice, 4 burgers de circonstance au restaurant incontournable Neptunes Net, de nombreux coups de soleil, une soirée organisée VIP sur le Sunset boulevard. Petite parenthèse également de circonstance, sur 3 lieux visités j'aurais réussi à discuter de 3 lieux de restauration. J'avoue le sujet n'est pas tabou. J'éviterai alors dans les prochains paragraphes de faire l'once d'une allusion sur le restaurant italien chic de Beverly Hills ou le coréen renversant de Santa Monica.
Partie de football sur Malibu beach
Il est vrai que l'heure n'est pas à la restauration, mais il est à la visite. Les nouveaux pensionnaires de L.A. réclamaient un bain de foule en la visite du quartier d'Hollywood, ils allaient être servis. Au beau milieu de cette cohue, les étoiles au sol du célèbre walk of fame ont vraisemblablement une portée infantile sur notre comportement. C'est un fait, vous parcourez cette rue, et vous aurez la fâcheuse tendance à vouloir poser ou mimer l'une de vos stars favorites: Woody Allen pour les plus inspirés, Schwarzenegger pour les plus californiens, Marilyn Monroe pour les plus glamours, ou encore Jimi Hendrix pour les plus rockers. Le constat est triste pour nos célébrités australiennes, pas de Jack Johnson sur le sol et une rue gorgée de monde sans réel intérêt.
Gilbert Montagnier sur Hollywood?M.J. RIP (25 Juin 2009)Qui sera capable d'apercevoir les lettres d'Hollywood?
Ce passage sur Hollywood aura cependant eu le mérite de rendre plus attrayant les quartiers résidentiels de Beverly Hills et sa célèbre rue Rodeo Dr. devenue mythique depuis la réalisation du film pretty woman. Los Angeles est une ville de contraste, certains quartiers sont pauvres d'autres immensément opulents, certains sont vivants d'autres beaucoup plus reposants. L'erreur, je pense, aurait été de visiter tous les lieux branchés, agités. En ce sens, cette ville aurait laissé un visage très négatif, souvent mal organisée et oppressante. Le dépaysement aurait été total mais terriblement éreintant. Ainsi, en jonglant d'une place clichée à un endroit plus retranché, la visite a le don de rendre plus contrastée l'impression de nos visiteurs.Le sentiment de proximité avec cette vie californienne prit définitivement forme lorsqu'en fin d'après-midi nous nous avançâmes sur le front d'océan de Manhattan beach. Elles sont loin les bousculades d'Hollywood, oublié le trafic routier surréaliste, ici, les habitants se plaisent de cette vie retranchée. Le contraste est saisissant, le calme impassible en ces lieux est seul maître. Il m'est difficile de quitter ces lieux un à un, de les revisiter, mais je suis si heureux de pouvoir les partager et de les apprécier sans cesse. Les VIPs auront je l'espère vécu le temps d'un weekend en plein cœur de L.A. L'idée était d'éviter les visites clichées tout en savourant les lieux les plus insolites de cette ville. Les australiens auront vu beaucoup de similitude avec leur pays d'Oz même si cette vie américaine contrastée les aura finalement agréablement surpris.

mardi 3 août 2010

Venice sounds like a good bye for me!

Venice, comme à l'accoutumé, semble bel et bien agitée. Les rires, les cris, les couleurs, l'effervescence coutumière, rien ne manque mais pourtant tout à changer. J'arrive sur mes dernières semaines à L.A., et ce passage sur Venice retentit comme un mélancolique "au revoir". Comment en suis-je arrivé à regretter cette partie précise de L.A.? Qui l'aurait cru? Certainement pas moi en tout cas...
  Venice n'a véritablement pas le faciès d'un quartier où il fait bon vivre. Lieu véritablement pauvre, il est prisé par les clochards, les acrobates pour un sous, ou autres vendeurs de disques. Le bord d'océan n'a pas réellement d'attrait, souvent mal aménagé il est cependant quotidiennement gorgé de monde. Quartier extravagant dans une ville de paradoxe, il est l'un des symboles forts de L.A. Vous en conviendrez, la description peinte de ce quartier n'a rien de flatteur, et c'est ce qu'il le rend encore plus insolite à mes yeux. J'estime, et ce au même titre que cette ville, qu'en son contact, on commence à ressentir le rythme de vie, à mieux comprendre cette civilisation et finalement en un sens à l'aimer. Et pourtant, à l'origine, Venice était bel et bien l'endroit où je me sentais le plus loin de chez moi. La raison? La raison réside je pense dans l'excentricité de cet endroit. Autant le dépaysement vous ressource et vous apporte un bien-être en période de vacances, autant seul et à l'autre bout du monde il vous isole et vous rend malade. Malade de vous retrouver si seul, malade de ne pas contrôler votre quotidien. La découverte a un prix, celle de l'interrogation.
Après des débuts difficiles, je me suis hâté à retrouver des activités qui me réconfortaient, à reconstruire des scènes perdues de mon quotidien, et Venice, alors, ne figurait pas dans mes plans. Je venais inconsciemment de chasser l'idée de ce lieu de ma tête; ce ne fut qu'une retraite passagère. Sport, bibliothèque, cinéma, un nouveau chez soi et une amoureuse présente dans mon cœur ont été mes lots quotidiens et m'ont permis de m'établir malgré la distance. Une fois installé, et me sentant mieux dans mes baskets, façon de parler, les longues séances de footing le long de l'océan avec un départ depuis Venice furent mes premiers pas vers une réconciliation de ce dit lieu.


 
Venice fut progressivement mon point de repère pour gagner rapidement le bord d'océan. Et même si je préférais Manhattan beach pour son calme et son côté bien nanti, Venice finalement m'apporta cette once de liberté, de sentiment de vacances inespéré en plein cœur de L.A. A un Venice aux teintes de vacances, vous lui ajoutez son quartier reculé, véritable havre de paix avec ses canaux, et une rue Abbot Kinney riche en festivité et en restaurants, vous aurez alors un tel panel, une telle diversité qu'il serait absurde de ne pas en profiter. Cette dernière visite de Venice n'avait donc pas la même saveur. Finis ces moments de complicité, achevée cette loufoque frénésie, l'instant n'était pas à l'amusement. Et en cette fin de journée, les artisans rangeant leurs bric-à-bracs et abaissant leurs stores ajoutèrent une dose de nostalgie à ce parterre déjà bien terni. Mon regard, souvent porté vers l'avant, ne tenait plus pareil posture. Mon pas, pourtant à l'ordinaire rapide, se faisait plus hésitant. Le doux rythme des tam-tams et les yeux fixant une dernière fois l'océan vinrent conclure ces longs moments de complicité. Mes adieux venaient d'être faits.

mercredi 28 juillet 2010

Tic en quête d'un nouveau monde

Loin de son village, loin de ses proches, et après de longs mois de durs labeurs, Tic venait enfin d'achever sa formation. Souvenez-vous il s'était rendu à la ville pour acheter un télescope, mais très vite et sous l'influence de ses pairs il entama un apprentissage afin d'en approfondir ses connaissances. Tic est particulièrement connu pour être tête en l'air, mais dorénavant cette dernière se plait à airer dans les étoiles! Saviez-vous qu'il existe différents télescopes et que l'univers recèle bien de nombreux mystères? Saviez-vous également que ces dits télescopes permettent d'accéder à différentes longueurs d'onde ou fréquences du spectre optique de la lumière? Ainsi, chaque éléments ou poussières de l'espace concèdent peu à peu de précieuses informations. La voie lactée, les galaxies, les trous noirs, la théorie du big bang seront bientôt que de vieilles notions conquises.
Un des derniers opus de Tac intitulé "Le Roi lion: Takuna Tacata" tourné sur Culver City
Son expatriation ne fut pas chose aisée: le changement de rythme de vie, le profond bouleversement dans ses habitudes, la mutation de son entourage ne lui ont pas été d'un grand réconfort à ses débuts. A ceci vous ajoutez un télescope des plus récalcitrants, et vous obtenez un cocktail sans alcool, acerbe, et bien amer! En effet, le télescope avait beau être parfaitement orienté, l'univers malheureusement ne dévoilait que très rarement ses secrets. L'enthousiasme ne fut pas toujours au beau fixe, vous l'aurez saisi, mais les nombreuses visites de Tac lui ont à maintes reprises réchauffé le cœur. Tac était également ravi, ses escapades en ville étaient pour lui l'occasion rêvée de réaliser des photographies que nul autre pouvait égaler! Généralement, le fait de passer ne serait-ce que quelques jours en ville lui suffisait amplement pour alimenter la gazette rurale pendant plusieurs semaines. En y pensant l'affaire semble curieuse, partir en séjour en ville permettait à Tac de moins travailler une fois de retour au village. Mais quelle ironie! En somme ses congés en ville étaient devenus un réel investissement sur de nombreux jours de repos futurs! Tic a toujours eu comme rude ambition de devenir "vacancier dans ses châteaux", mais seul Tac avait finalement trouvé une bien belle parade. Les aventures de Tic n'étant devenues que l'ombre d'un soupir, Tac en profitait pour agrémenter ses rubriques de fictives découvertes, de mésaventures sur-romancées sachant pertinemment que personne ne viendrait se plaindre auprès de la direction. La gazette était l'unique journal et moyen d'information du village, les photos y étaient fantastiques et les scénarios purement féériques. Au quotidien, le journal alimentait de nombreuses discussions faisant le bonheur des plus jeunes et des plus grands.
Le dernier best seller de Tac réalisé à Végas: "Tac en présence d'un clown"
Lors de son dernier voyage, Tac avait pris bien de nombreuses photos et il ne serait pas surprenant de voir apparaître de nouvelles chroniques. A son accoutumé, il endimanche ses écrits par des titres sortis tout droit de studio de cinéma. Mais en ayant la justesse d'ajouter son nom à l'intitulé! Voyons voir: "Tac, l'évadé d'Alcatraz", "Twin peaks: fire walk with Tac", enfin ce ne sont pas les titres qui manquent! Et aux vues de ces dernières photographies il ne serait pas étonnant de voir apparaître prochainement: "Le Roi lion: Takuna Tacata" ou encore "Tac en présence d'un clown". Mais attention et détrompez-vous, Tac ne fait pas seulement dans le sensationnel! Bien sûr il se joue de temps en temps de ses lecteurs, et profite de leur innocence pour multiplier ses jours de repos, mais comme tout artiste il gagne ainsi en sérénité, en équilibre. Ses photographies gagnent en force et en intensité, sa dernière œuvre a tout simplement révolutionné la vision de la ville que se faisaient les villageois. Une voie ferrée d'une perspective sans fin, serait-elle sans lendemain? Ou bien au contraire montre-t-elle une immense possibilité de découverte. Une scène désertique des plus grands westerns est suggérée par un espace épuré avec une civilisation attenante et les quelques palmiers... Imaginez donc un titre auquel Tac aurait pu y ajouter sa signature...
Il était une fois Tac dans l'Ouest
Les hummingbirds sont bien présents!
Désertique, est loin d'être l'adjectif dont Tic utiliserait pour décrire cette ville. Avec Shentae la cigogne, coiffeuse de ce jour, aventurière des contrées lointaines, grande, élancée et aux rires communicatifs, ils s'accordent tous deux à peindre un étrange portrait de cette ville. La tentaculaire serait bien mieux adaptée. L'espace y est si vaste que même d'un quartier à un autre vous avez d'importants écarts de température! Cette distance rend certainement les gens plus étranges, sans profonde humanité, privilégiant sans demi-mesure les échanges superficiels aux relations fraternelles. Cependant la vie semble suivre son cours et les gens ne semblent nullement freinés par ces curieuses fréquentations. Une accolade par-ci, une embrassade par-là, vous avez la fâcheuse impression que la plupart de ces gens appartiennent à la même famille, une famille sans réel Amour. Alors que les mèches rebelles de Tic tombent peu à peu, la longue introspection sur cette ville et ses citadins se dessinent.
Attendez un peu... Qui du village aurait certainement son mot à dire? Qui d'assez qualifié ne pourrait se contenir et apporterait rapidement une profonde analyse sur une telle étude communautaire? Qui des protagonistes des aventures de Tic & Tac a pour lot quotidien le comportement social et individuel? Qui parle trop finalement? Borah la Psy-Chouette bien sûr! Imaginez là, toisant son plumage, redressant ses lunettes de vue et arborant une posture des plus chevaleresques: "Moi Borah la Psy-Chouette, première du nom, je m'en vais vous conter les déboires de ces citadins et la déchéance qui ronge cette ville".Borah la Psy-Chouette se lança donc dans une longue obole en l'honneur des villageois. "Notre village n'a que faire du rugissement et de l'éclat de cette ville puisque notre village est notre identité. Ce village nous l'avons conçu, il nous ressemble, il nous anime et nous l'animons. Nous ne formons qu'un avec ce dit village. C'est cette harmonie, cette identité qui manquent irréfutablement à ces pauvres androïdes de la ville. Leur sort est voué à airer en vain. Leur conviction dans la vie s'est peu à peu éteinte, comme un mal qui les hante, ils ne ressentent plus le bien, ne ressentent plus le mal. La vie ne vaut d'être vécue sans Amour, la ville leurs a ôté tout contrôle. Victimes de leur propre expansion, ils vivent pour la ville, mais ne vivent plus pour eux ou pour leurs semblables! Mes amis, mes frères, ne voyez pas cette ville comme une belle pomme savoureuse. Une pomme si désirable qu'elle vous dévore de ne pas pouvoir y plonger vos longues dents. (En chuchotant) Désolé Xouille, la Marmotte, je n'ai pu m'en empêcher! Mais voyez la comme un fruit dont l'expansion peut vous nuire et vous absorber à son tour."Pas de doute Borah la Psy Chouette a bel et bien une dent contre la ville. Sa description et son intransigeance envers elle dénote en tout point avec les douces mélodies et vols en parapluies dans Mary Poppins. Peu adepte des médicaments placebo, elle n'a jamais été tentée par le sucre qui aide tant la médecine à couler! Vous savez, Psy-Chouette a tellement de personnalité que même les mèches de sa récente coupe de cheveux en ont! Souvent à l'écoute de ses patients, elle ne se laisse pas pour autant démonter face à des cas sociaux plus ou moins difficiles, et ne manque ainsi pas de répartie. J-D le chimpmunk peut en témoigner. Ce dernier souffre de petit trouble psychotique, ainsi ses neurones ont tendance à lui jouer des tours. Récemment, il s'est cru en sainte, idée qui reste totalement saugrenue pour un mâle! Quoiqu'il en soit il n'en démord pas. Il se plaint de maux de ventre à répétition qu'il assimile au cycle lunaire. Également, il s'est rendu compte qu'il avait de sérieuses envies de baies rouges ou de noisettes. Quelle belle affaire! Ce petit être reste un écureuil, rien de bien anormal en soit. Psy-Chouette n'en voyant pas la fin, et ne sachant plus comment le raisonner dut agir en conséquence. Sa réplique se fit sans alternative: "Vous savez, M. J-D, il n'y a pas de quoi s'alarmer et votre mal, dans 9 mois, passera".
Après une accolade avec Shentae la Cigogne (comme quoi la ville commençait déjà à empiéter sur leurs comportements), Tic se devait de vendre son télescope. Il ne pouvait en effet décemment pas le conserver pour le voyage. En vol d'albatros, vous n'y pensez pas, où pouvez-vous loger ce volumineux appareil, voyons... un peu de sérieux. Tic avait fait l'essentiel, pensait-il, pour pouvoir vendre son télescope. Annonce de grande qualité, avec des termes techniques pertinemment choisis: "l'appareil est de grand confort de la marque Newton, il présente 2 types d'oculaires super 25 et super 10, ses lentilles achromatiques sont adaptées avec un appareil photo coulant. Les lentilles ont récemment été changées, preuves à l'appui". Cependant, malgré cette annonce bien pensée, les clients sérieux n'affluaient pas pour autant. Son inquiétude grandissait à tel point qu'il se voyait peu à peu dans l'extrême désespoir de devoir un jour proche brader son acquisition!
Sa crainte ne faisait qu'augmenter au contact de cette civilisation sans scrupule! Sans même avoir vérifié l'appareil, des acheteurs potentiels lui quémandaient sans détour de réduire son prix de vente. D'autres encore plus fourbes lui proposaient des échanges avec des télescopes de bien piètre qualité. Le palmarès de la médiocrité revient certainement aux petits malins qui cherchent les bonnes occasions de ce type: un achat au rabais et une vente dans le temps avec un dividende garanti! Alors qu'il commençait à désespérer de ne pouvoir vendre son télescope et qu'il était de plus en plus harassé de devoir négocier avec ce monde insensé, un curieux personnage prit contact avec Tic. Un lémurien du nom de Steven, un tel nom ne peut s'inventer, semblait être réellement intéressé par l'objet que détenait Tic. A vrai dire, Tic avait déjà eut une dizaine de personnes du même type, c'est à dire potentiellement acheteur mais particulièrement louche, et son entrevu avec le lémurien ne le laissa pas pour autant enthousiaste. Fatigué des nombreuses ventes sans concrétisation, exaspéré du peu de personnes bienséantes, il n'accorda donc dans un premier temps que peu de crédit à ce lémurien.
Le lémurien s'était présenté comme un ancien saltimbanque de grande renommée. Il avait donc roulé sa bosse et son âge avancé ne lui permettait pas d'assurer de nouveau spectacle comme dans le temps. Son frère lui prêtait à ce moment là un télescope de haute gamme, la rolls-royce des étoiles, la porsche des constellations. Son propre vieux télescope commençant à rendre l'âme, il se devait d'acheter rapidement un nouveau. En définitive, ce Steven et malgré les apparences était un sérieux acheteur au plus grand bonheur de Tic. Après avoir surmonté des débuts difficiles puis succombé à des jours meilleurs, Tic s'était finalement heurté aux déboires d'un départ imminent. Espièglerie, raillerie, ignorance de la ville feront place dès son retour au village à de la bienfaisance, de l'indulgence et du discernement. Ses proches ainsi que ses racines lui ont terriblement manqué, mais lui ont certainement permis de faire face à ce terrible défi qu'était la ville.
Loin de son village, il gardera à jamais gravée l'image de la bienveillance de Xouille la Marmotte lui permettant d'appréhender au mieux les dures lois de ce monde artificiel. Elle, si à l'écoute et si prévenante. Oui, le secret n'est plus à cacher, et le village est enjoué à l'idée de leur tendre communion. Celle-ci malgré la distance qui les sépare et les 9h de décalage aérien reste omniprésente dans le cœur de Tic. En effet, le vol postal le plus rapide étant l'albatros, les courriers arrivaient généralement avec un certain délai. Malheureusement, Tic utilisait le plus souvent de modestes pigeons voyageurs, ses messages prenaient nécessairement plus de temps, pire encore, préjudice souverain, ses lettres pouvaient se perdre lors du transport. Le froid, la fatigue, la perte d'orientation ou l'attaque destructrice d'un rapace sont les nombreux facteurs pouvant interrompre la communication entre nos 2 tourtereaux. Les pires malheurs pouvaient fatalement arriver à ces pauvres pigeons rendant à néant l'espoir de Xouille d'avoir de si précieuses nouvelles.
Narguant ces inconvénients postales, Xouille brava sa peur de la ville et vint voir son cher et tendre. Dans le peu de temps qui leur était concédé, Tic & Xouille visitèrent l'agglomération même si cette dernière les apeurait littéralement. Aspirant à plus d'espace et de découverte, leur voyage du bord de l'océan restera à jamais gravé dans leur mémoire. Le pont rouge doré, les collines résistantes mais si enivrantes, les aquariums géants, les espaces grandis gratifiant d'un souffle de liberté, les otaries de mer jouissant d'un soleil radieux, les gîtes étonnants, la cité aux toitures rouges... Le séjour de Xouille fut d'autant chatoyant que son départ fut déchirant.
Une fois Xouille de retour au village et Tic de nouveau livré à lui même, ce sont les nombreux colis d'albatros qui remplirent Tic de bonheur. Oui, certains d'entre vous l'auront deviné, connaissant la gourmandise de l'animal, ces paquets étaient riches en cacao. Mais ils étaient surtout garnis d'Amour. Tic a ainsi su conserver son identité qui lui est chère, sa belle Marmotte en est pour beaucoup, peut-être seule une mèche rebelle aurait changé? Son expérience fut riche, il en ressort grandi (18,6 cm pour être exact) et est définitivement prêt à visiter de nouveaux mondes en douce compagnie de sa Marmotte. Les aventures de Tic & Xouille devraient à coup sûr attirer l'attention de fervents lecteurs...
Photo prise par Xouille la Marmotte sur Santa Monica lors d'une de ses visites à Tic

lundi 19 juillet 2010

(San) Catalina Island & new heroes

Quelle destination paradisiaque me suis-je réservée pour l'un de ces derniers et précieux weekends? Serait-ce une vente de sofa impossible avec une inconnue n'ayant pas de moyen de locomotion? Serait-ce alors un dialogue sans fin avec un internaute se payant ma tête pour une maudite petite table de salon? Ou bien serait-ce une énième débauche d'énergie pour céder l'une des rares bonnes affaires en matière de voiture sur craigslist (une trouvaille américaine pour vendre et acheter tout et n'importe quoi)? Je l'avoue toutes ces perspectives sont loin d'être idylliques, loin de là, mais ont raison de mes dernières semaines en terres californiennes! Oublions ces aléas exigés d'une vie sur L.A. et concentrons nous sur le réel objet de cette note: la visite d'une des 8 îles du channel island!
Un regret peut-être? Celui de ne pas avoir visité ou conquis toutes ces îles. Pour le coup, je me serais bien mis à la place d'un hispanique à la recherche de nouvelles terres lointaines. Enfin, seulement un petit regret dans la mesure où si vous réalisez un rapide tour d'horizon sur les prix des bateaux vous permettant d'atteindre ces îles, vous pouvez rapidement tomber des nues. Un exemple pour gagner San Catalina (ou plutôt Catalina puisque San Catalina est beaucoup trop long pour être entièrement prononcée), une péninsule au large du pacifique, vous pouvez vous en sortir pour la modique somme de 66.50$ (en omettant la place du parking bien sûr!). Chère l'aventure me dites-vous... mais, mes chers, vous êtes à L.A.!
Une fois les ports et les tarifs épluchés, nous avons opté pour un départ depuis San Pedro, qui est en réalité à deux encablures à l'ouest de Long Beach (donc sud depuis UCLA). Une fois n'est pas coutume pour les chers mariés qui m'accompagnaient, nous arrivâmes avec plus d'une heure d'avance. Entre réservations qui risquent d'être sucrées et exigence américaine à outrance en termes d'embarcation, nous avons opté pour l'option sécurité... à défaut de repos. Un mal pour un bien finalement, nous avons pu faire un tour rapide du port environnant. Que dire? Plus à l'est les collines citadines dominant l'océan de Lamita et Rancho Palos Verdes, une terre qui semble toute, a des allures de La Jolla ou de la Loma Portal de San Diego. Quant à l'ouest, le port supra-industrialisé de Long Beach, un pont pour y accéder le Vincent Thomas bridge et des grues portières griffant tout le paysage, hum... des analogies avec la ville d'Oakland me viennent en tête. Une fois à bord, mon mal de mer ne m'aura pas trop chagriné pour cette traversée de moins d'une heure, puisque l'océan, ce jour-là, n'avait rien à offrir excepté une épaisse brume matinale. Peu importe, je crois que nous avons tous dormi... comme de vrais touristes ballotés par un réveil beaucoup trop à l'aube.
Une fois sur place, une fois arrivés sur l'une des rares villes de l'île (Avalon), nous nous dirigeâmes vers une auberge de jeunesse sur Claressa ave. L'idée est d'y demander un passe gratuit de hiking pour la journée et des semblants d'indication quant à l'itinéraire à suivre. Et oui, rien est favorisé pour vous laissez partir d'Avalon, tout y est accès océan et usufruit des nombreuses activités nautiques! Là, surement l'un des gérants de l'auberge, nous présente 3 pauvres itinéraires de hike formant une boucle plus ou moins longue autour d'Avalon. Rien à faire tout converge sur Avalon, et rien n'est laissé au hasard, jusqu'à la pure impossibilité d'accéder par voie terrestre à une quelconque île isolée! L'un de nos projets du weekend venait déjà de tomber à l'eau. Et que dire de celui de pique-niquer à côté de l'océan? Au moins le gérant nous concéda la bonne voie à suivre pour éviter de payer l'entrée du monument mémorial: dans un sens vous payez, dans l'autre non, mais vous marcherez...
Le kart de golf, le moyen de transport par excellence de l'île!
C'est le ventre gargouillant que nous entreprîmes la balade et laissâmes les diluviennes attractions d'Avalon: plongée sous-marine, rafting, sportfishing, parasailing (parachute en bateau), kayac, snorkeling (plongée), spa, sous-marins, casino, golf... Autant dire et pour faire simple, nous avons bien dû marcher 4 heures le ventre vide, puisque une fois en altitude, le climat comparable à celui de Santa Monica ne laissait aucune once de chance aux moindres valeureux arbustes. Ainsi, à la quête d'une ombre perdue, nous avons pratiquement achevé la boucle et gagné le lit de la vallée et plus précisément le Wrigley memorial monument. Pas grand chose à raconter sur William Wrigley Jr., mise à part ce monument, qui fît office de parasol.
- Mais t'as un problème? Tu cherches l'embrouille?
- Mais, tu vas te calmer oui!

La dernière ligne droite dans le canyon fut beaucoup plus simple et à l'abri du soleil. Je ne peux vous dire ô combien fut salutaire cette margarita savourée en terrasse. Pour tout dire, la dose d'alcool généreusement servie me donna un énième élan pour plonger dans l'océan. San Catalina est donc une ville particulièrement orientée vers l'océan où les américains ne s'objectent pas à débourser des milles et des cents pour une expérience idyllique. Il est vrai que si le seul moyen pour accéder à des coins de plage perdus est de prendre la voie de la mer, je ne vois aucune objection. Mais juste: pourquoi? Enfin, la plongée sous-marine ne m'aura jamais autant tenté que ce jour-ci. Une telle effervescence pour l'océan, cela reste étonnant.
Une touriste posant sur mon panneau du Wrigley memorial garden - Que cela est embarrassant!Mam! As-tu vu la taille de ces bougainvilliers?
Le retour en bateau fut tout aussi calme que celui de l'allée: 1 heure de plus de sieste. La promenade en plein soleil et l'air marin auront eu raison de nous. Mais une fois l'ancre jetée et le pied de nouveau à terre, nous avons trouvé les ressources nécessaires pour apprécier un suprême burger au Counter. This is it! L.A. tout comme la Californie a tant à offrir mais également tant à vendre... à consommer donc avec modération.
Les joies de l'océan, des sensations pures.