lundi 26 avril 2010

A blossoming Nature & an unconscious human being - Trip in Anza-Borrego desert state park

Pour cette longue escapade du weekend, j'ai choisi une destination unique, en la découverte d'un désert en pleine floraison! Ma tentative ratée depuis San Diego devait être réajustée. Et de plus, ma dernière visite dans la death valley m'a laissé un petit peu sur la faim: les fleurs ci-et-là étaient présentes mais pas forcément abondantes. Alors, disons que j'ai retenté ma chance, la période actuelle est effectivement propice en la floraison, et reste cependant éphémère. Le Printemps est là, et ce même au beau milieu d'un désert aride. Je reste étonné de la résistance de ces fleurs ou arbustes du désert, et je suis de plus en plus agréablement émerveillé du riche panel que peut offrir la Californie. Le charme de la Californie ne se limite pas en mon sens en la découverte du rivage côtier, de son mythique PCH et de ses innombrables plages. Même si vous en conviendrez qu'en énonçant la Californie vous pensez "beau temps" et "plages". Le cliché est vrai de toute façon, et il est inlassablement colporté. Ce charme ne se limite pas non plus en la découverte de cette étrange civilisation, pleine d'insouciance et souvent fantaisiste et/ou superficielle. Cet état est si vaste qu'il ne peut se restreindre à si peu. La Californie privilégie d'une géologie hors du commun. Comme quoi, le mouvement des plaques n'engendrent pas que des tremblements de terre. Aux détails énoncés dans la note de la death valley, vous l'aurez compris, cette succession de basse-vallées et de montagnes escarpées offrent un panorama renversant, et différentes saisons poinçonnent ci-et-là la Californie. Hiver ou été, en Californie, vous ne savez jamais sur quel pied danser! Autant à L.A. vous n'avez que très peu de surprise, autant sur les plateaux ou dans ces contrebas, les températures se délectent du changement. Étant désormais plus conscient de ces écarts de température, j'avais vérifié le climat avant mon départ. Le soleil devait être des plus radieux pour ce weekend, et le désert allait m'offrir des températures dignes de son nom, ainsi que de belles surprises...Anza-Borrego desert state park se situe à l'est de San Diego, et à près de 2h30 de route de mon appartement. Sur le chemin, le paysage est guère réjouissant puisque 2h après mon départ, je circulais toujours sur ces insensibles freeway: j'étais toujours à L.A.! Finalement, lors d'un énième cap vers l'est le panorama était tout autre. Fini le tumulte de la circulation, terminées les habitations chaotiques, je gagnais de verts vallons et de curieuses nappes de brouillards piégées aux creux de ces vallées. Les habitations beaucoup plus isolées me rappelaient ces villes fantômes traversées dans la région des grands canyons. Le vert des plateaux ne dura pas longtemps puisque j'entamais déjà la descente dans la vallée du parc. Le paysage désertique se livrait peu à peu, je pénétrais dans l'antre du bighorn sheep (mouflon d'Amérique, ovin sauvage). Ce prince des collines est rarement observé, mais soyez-en surs, il est présent et vous surveille... S'aventurer dans un désert comme celui-ci nécessite, vous vous en doutez un minimum de préparation! L'eau est une composante vitale dans ces contrées isolées, on ne plaisante pas avec l'eau. Ce désert a des allures de petite death valley: les températures peuvent atteindre les 50°C l'été, des collines (à moindre altitude que celles présentent dans la death valley) entourent le lit de la vallée, et tout à l'est une mer salée (Salton sea) souffle un parfum aride. Autant la death valley se visite d'un point d'observation à un autre sans pour autant faire appel à des voitures tout-terrain, autant dans ce parc la plupart des lieux ne sont accessibles qu'en 4 roues motrices!Dans ce désert aride seuls les êtres puissants survivent. Il n'y a pas de place pour les faibles. L'ombre est un produit de luxe auquel les sédentaires vouent un sincère culte. Prédateurs ou proies l'équilibre peut vite être inversé. Dans ce milieu hostile où les animaux se sont adaptés aux conditions les plus extrêmes, l'emploi des noms: scorpions, serpents à sonnettes, charognards en fait blêmir plus d'un. J'ai vu pour la première fois un iguane du désert; sa peau camouflée et sa taille de plus de 40cm ne m'ont pas rassuré. Tim & Mimi, eux non plus, n'auraient pas été tranquilles face à leur cousin du désert!
Une blonde égarée et loin de ses manucures; inévitablement en proie d'un danger
Fin avril, et les températures estivales étaient bel et bien présentes. On sent tout de même l'habitude qu'ont certains promeneurs de s'aventurer sur de telles terres. Le soleil ennemi numéro 1 voit son impact grandement affaibli face à la sagesse et l'expérience de ces aventuriers. La parade était pourtant si simple en l'utilisation d'un modeste parapluie en guise de protection. La scène est burlesque: "Chouette, Mary Poppins est parmi nous!"; mais terriblement efficace. Enfin, à ce stade, si le soleil t'incombe, et que l'environnement t'est des plus hostiles, pourquoi se faire tant de mal?
La sagesse de ces promeneurs avertis touche à son comble quand Dame Nature dresse ses aiguilles. Imaginez donc ce cas de figure, purement fictif, où 1 jeune couple californien s'aventurerait dans ce désert et contemplerait cette étrange végétation. J'imagine que le jeune homme aura eu le bon sens d'utiliser une voiture surélevée pour éviter tout désagrément lié au terrain. Disons que ce jeune homme est suffisamment avisé et qu'ils s'enfoncent, tous deux, sur ce type de chemin afin de voir de plus près ces fleurs de saison. Que croyez-vous qu'il va se passer si la jeune femme aperçoit un beau cactus à l'orée du sentier? Oui, sans médisance aucune, son amour de la Nature ferait stopper la voiture, mais c'est son inconscience qui s'occuperait du reste des évènements. Appareil photo déjà en main, claquettes délicatement enfilées, et c'est dans un élan d'ivresse qu'elle sauterait de la voiture en direction du spécimen tant convoité. Après, finalement s'être réorienté en conséquence de l'arrêt plus ou moins prompt de son cher et tendre, la voilà tête-bêche, le pas décidé, marchant en direction de cet être emblématique du désert. Le danger lié aux aiguilles du cactus, lui ferait ralentir le pas. Cet arbuste a beau être magnifique, il n'est néanmoins pas son petit ourson. Finalement, elle gravirait une modeste butte bordant le chemin et gagnerait rapidement le dit cactus. Son regard ne prêterait désormais plus attention à son entourage. Son homme venait pourtant tout juste de couper le moteur du véhicule et un calme solennel régnait. La scène se dessinait peu à peu, l'appât avait joué son rôle, le reste n'est que conséquence...S'avançant toujours de plus près, elle poserait mécaniquement son objectif devant les yeux. Jouant avec la fonction zoom qu'elle venait de découvrir, elle réglerait au mieux le cadrage de la photo. Le silence était d'or à ce moment là, et l'histoire malheureusement ne dit pas si la belle aura eu le temps de cliquer et prendre sa photo. Mais les collines, elles, se souviendront pour longtemps du cri perçant et déchirant poussé par la jeune femme, lorsque curieusement son pied rencontra une petite pousse de cactus. L'ironie du sort est que la claquette, étonnamment inefficace face aux pics du cactus, resta plus ou moins plantée. La douleur lui fit perdre l'équilibre, et son pied vint alors chavirer et rencontrer de nouvelles aiguilles. J'imagine donc la scène, d'une vision railleuse, et surtout en mode ralenti: la surprise du pied rencontrant ce malicieux cactus et fatalement la réaction ne se fît pas attendre. Une grimace instantanée apparaissait sur son visage, celui-ci prit une seconde inspiration lorsque son pied pivota. Une fois à terre, toute la Nature dût se délecter de ses jérémiades.Enfin, dans ce moment de douleur, heureusement que son homme était là. Le voilà dans un premier temps ôtant un à un à l'aide de ciseaux ces terribles implants. Vous noterez également sa technique toute particulière limite à distance! Et encore il essaya pendant un laps de temps de les retirer par le côté. Enfin, personnellement j'ai trouvé cette scène des plus burlesques. J'ai pris cette photo l'air de rien, à l'aveugle. Le cadrage est mauvais mais au moins Mr. le Cactus m'aura laissé en paix, et l'histoire imaginaire prend des tournures réelles!
Encore un énième exemple du caractère enfantin/inconscient de ces Californiens
Les risques et les joies (merci tendre pied) de s'aventurer dans un désert étant suffisamment détaillés, venons-en à la raison de ma visite: les fleurs. Je voulais à tout prix voir un cactus en fleur, cela apporte une certaine poésie à cet être si hostile, à cet environnement si stérile. J'avoue également que mes précédentes visites à Santa Monica mountain ont éveillé ma curiosité concernant les plantes. C'est bien joli de se rendre compte qu'une fleur est magnifique, mais j'étais incapable de la nommer!
Les photos qui vont suivre représentent donc les différentes fleurs que j'ai pu apercevoir lors de ce weekend. Il en manque mais les plus représentatives sont là. J'essaie de les nommer sachant pertinemment que la tâche sera délicate, je ne suis pas horticulteur après tout!
Le célèbre ocotillo (Fouquieria splendens), immanquable et uniquement observé au sud-ouest des USA et au nord du Mexique. Sorte de cactus grimpant pouvant atteindre 10m de haut.
Fleur d'ocotillo de couleur rouge apparaissant au bout des tiges
Desert Dandelion (Asteraceae)
Dune evening Primrose (Onagraceae), fleur à 4 pétales dont le centre est jauneInconnu au bataillon (Guesswhat)
Popcorn flower (Cryptantha augustifolia), mince tige menant à de petites fleurs blanches agglomérées
Sand Verbena (Abronia Villosa), fleurs collantes pouvant tapir le sol après une forte pluieDesert chicory (Asteraceae), fleurs blanches à pétales éparses avec une extrémité plus fineTurpentine Broom (Rutaceae) Phacelia (hydrophyllaceae) peut provoquer des éruptions cutanées (youpi!) Brittlebush ou encelia farinosa (Asteraceae)
Lors de ma première promenade au matin, j'ai pu profiter de la gentillesse d'une autochtone, et plus particulièrement monter dans son 4x4 et gagner des sites plus en amont. Il est vrai que le premier mile devenait particulièrement répétitif, le décor monotone me gagnait et Coyote Canyon était encore bien loin. Malheureusement pour moi, le chien de sa fille qu'elle gardait car cette dernière était à Végas, était des plus douillé. Je n'ai pas pu explorer grandement ce canyon. Enfin, en 3h j'ai dû parcourir 15miles je présume, distance qui m'aurait demandé bien plus de temps! Me voilà donc revenu plus vite que prévu à la voiture et étant allé au-delà de mes prévisions. J'avoue balèze! De ce fait j'ai profité de ce début d'après-midi pour me rendre à Borrego Palm Canyon un autre site plus accessible pour les touristes. En bout de promenade une petite surprise m'attendait: des palmiers natifs et un cours d'eau non négligeable. Sympathique, j'ai pris une douche rapide sous une cascade. Ce lieu était un véritable oasis avec ombre et fraîcheur.
Mais à y réfléchir ces îlots paradisiaques devraient être tout simplement interdits au public. Les animaux, forcément devenus espèces menacés dépendent de cet environnement si précieux. Ce qui est ahurissant est que nombreuses activités sont proposées au large public. Camping sauvage, promenades équestres seraient les expériences les plus proches de la Nature. Mais que dire du Golf et de son irrigation incommensurable, pire encore, et cela en devient révoltant: l'accessibilité à des camps ou des points de vues en jeep 4 roues motrices, où la traversée d'un profond ruisseau (40cm) devient un jeu ou une simple étape de parcours! Finalement, je comprends mieux maintenant l'emploi d'une jeep en ville, qui est en fait leur moyen de locomotion dans les parcs avoisinants! La communion avec la Nature est un langage qu'ils ne doivent pas apprécier. Ma guide du matin sera en réalité également décontenancée à la vue de ces voitures en de tel lieu. Mais elle n'en sera pas pour autant meurtrie, et à mon sens cette personne est très paradoxale; elle critique ce passage de voiture mais essentiellement le fait que dans nombreux véhicules nous apercevions qu'une seule personne. Elle se dit qu'ils ne devraient plus franchir ce cours d'eau, mais n'a aucun remord quand au cour d'eau juxtaposé presque tari et qui jadis était une ancienne voie empruntée. Les écologistes auraient empêché cet accès, cela ne la choque pas pour autant.
Vision du freeway en plein cœur d'Anza-Borrego State park: toujours le bordel!
Finalement, la journée aura été très agréable et particulièrement longue. J'avais décidé de dormir le soir à Julian (petit pied de nez à la traversée ratée de la route 79 depuis San Diego, qui devait être une ville étape), une petite ville sur les plateaux. J'avais gâté la tante "Tatie Annie" a Death Valley Junction avec un hôtel à 4 ou 5 étoiles; tellement luxueux que je m'égare dans le nombre d'étoile. Cette fois-ci et n'ayant pas besoin d'autant de confort, d'autant de simplicité, de charme, de courtoisie, et de breakfast soigné, j'avais pris une chambre à Julian's Lodge. Les jeunes de nos jours ne sont plus se qu'ils étaient jadis! Enfin, cette journée fut conclue par une soupe tomate et des spaghettis linguinis devant un match des lakers au Julian Grille. That's the real american dream!
Julian's Lodge - un hôtel très chaleureux et fort sympathique

dimanche 18 avril 2010

Components for a good hike? Call Point Mugu State Park in Ventura County

L'activité le long du PCH (Pacific Coast Highway) est telle qu'il est difficile de ne pas se sentir en vacances! Oui, la vie n'est pas commode tous les jours! Et cet enthousiasme monte crescendo le weekend, les automobilistes affluent littéralement le long de la côte. L'une des destinations les plus prisée? Le littoral de Malibu et ses nombreuses plages de surf! Enfin, avec près de 50 kms de bord d'océan, il est en effet assez aisé de trouver un endroit pour surfer, ou une lagune reculée pour décompresser, ou encore des pistes pour courir. Les joies de l'océan sont définitivement maintes et variées.
Vue sur la jetée de Santa Monica, le PCH en contre bas et la célèbre roue au loin
Qu'en est-il de ma destination privilégiée? Et bien si vous observez l'océan depuis Malibu (ainsi en pointant votre nez vers le sud), faites volte-face, vous verrez alors l'endroit de prédilection en question. Vous ne pouvez le manquer. En toile de fond il sillonne tout le panorama, majestueux mais quelque peu aride il freine ainsi l'ardeur des simples promeneurs, semblant par moment plonger dans l'océan il fait partie intégrante du décor de Malibu: vous l'aurez sans doute deviné, j'entends par cette description, la chaîne montagneuse longeant ce littoral! Santa Monica Mountain. A vrai dire, aucune surprise dans cette révélation, puisque ces collines ont déjà fait l'objet de nombreuses illustrations et commentaires (Cf. Tic & le fertile sortilège ainsi que Tic au pays des milles visages tous deux best-sellers et publiés aux éditions de la Feuillade; ainsi que de nombreuses promenades: Behind Colorado Springs scene: is the Queen's gone?; Getting around Malibu: Saddle Peak; Zuma canyon upper the ocean, upper the clouds) Néanmoins, ceci reste anormal. Pourquoi diable fuir le littoral, ses plages et ses vagues, Pamela et Paris, pour emprunter de tortueux sentiers et se perdre au beau milieu de nul part? La réponse est précisément dans la question: "pour se perdre au beau milieu de nul part" et pour "fuir le littoral et son PCH souvent impossible". Je l'ai souvent dit, mais la proximité de chaîne montagneuse de cette envergure reste du luxe, et est un bon moyen de fuir le quotidien et de profiter pleinement du weekend.
Le dit Giant Coreopsis
Ma nouvelle destination de ce weekend fut Point Mugu State Park à Ventura County. En réalité ce parc est juxtaposé à celui de Santa Monica. En empruntant le PCH, cela revient à dépasser la commune de Malibu, à longer toute la côte ainsi que sa chaîne montagneuse. Ce parc est en réalité le terme des collines de Santa Monica. Si vous allez encore plus vers l'ouest vous gagnerez les plaines de Oxnard ou de Camarillo; villes à franchir désespérément pour gagner Santa Barbara la merveilleuse.La ballade de ce jour présentait un réel attrait, celui de longer le PCH, d'en admirer la vue tout en étant à quelque centaine de mètre au dessus du niveau de l'océan. Il est décevant de constater que peu de sentier parcoure le littoral nous privant ainsi de magnifiques panoramas. Apparemment les lieux stratégiques seraient déjà habités! Curieux... En cette période printanière et ce en dépit d'un climat relativement sec sur la région de L.A., les fleurs pointent leur nez ci-et-là. Amis et amoureux de la flore c'est le moment idéal. Je suis même tombé sur un petit canyon dont les versants étaient peuplés de Giant Coreopsis. Ces derniers sont de grands arbustes qui fleurissent de milles sunflowers jaunes de Mars à Mai. Apparemment on ne les trouverait qu'à proximité de la côte: L.A., Channel Islands, San Luis Obispo plus au nord.Étonnamment, j'étais encore bien loin de mes surprises! Alors que je regagnais l'océan et mettais ainsi un terme à cette promenade, en direction de ma voiture, je vis en plein milieu du sentier un magnifique smartphone de la marque pour ne pas la citer: BlackBerry. Alors là, que faire? Je crois que tout me vint à l'esprit. Y-a-t-il une caméra cachée? Est-ce un canular? Y-a-t-il quelqu'un d'autre autour de moi? Mais que fera Domenech après la coupe du monde? Ai-je gagné un nouveau portable? Devrais-je me lancer dans le marché de la corruption? Cette dernière interrogation me laissa songeur... Il est vrai que côté téléphone je n'avais pas été gâté! Mon pauvre Samsung était vraiment ridicule! Enfin, il capte à peu près c'est déjà ça. Après une courte réflexion, je le ramassai. Aucun signal... Sans surprise, je suis au milieu de nul part! Loin du PCH tout ça, tout ça... Question: comment retrouver son propriétaire? Et comment va-t-il faire pour m'appeler? Pire encore que vais-je répondre au prochain interlocuteur? Voyons voir...
-Peut-être ferais-je simplement passer le message: "Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de trucmuche, elle n'a pas de téléphone pour le moment, mais vous pouvez lui laisser un message. Merci." Oui, forcément, son propriétaire ne peut être qu'une femme. Enfin, cela reste un malheureux préjugé.
-Ou alors, serai-je plus évasif: "Désolé... un tunnel."
-Serais-je alors plutôt moqueur: "Haha! Tu te demandes bien où peut bien être ton téléphone, hein?" (Réponse attendue sans équivoque: "Dans tes mains cono!"Finalement, j'ai pensé à regarder si je pouvais retrouver l'identité de son propriétaire. A vrai dire, j'ai vite stoppé l'idée! Avez-vous déjà essayé de rechercher votre propre identité sur votre portable, ou encore votre propre numéro de téléphone? Oui, j'avoue l'idée était saugrenue! Seconde idée, téléphoner à un de ses contacts lui spécifiant que vous avez retrouvé le portable de Mme X. Oui, ce ne peut-être qu'une femme, l'aurais-je déjà mentionné? Maudit cliché! J'imagine alors la scène...
-Un brin impliqué, et contactant Mike (oui, il y a toujours un Mike parmi les amis, et puis les Mike sont cool, et c'est facile à prononcer): "Salut Mike, on ne se connait pas mais je viens de trouver ce téléphone. Peux-tu prévenir son propriétaire?" (Réponse de l'ami en question: "Tu vois mec, cette femme je ne veux plus en entendre parler, alors si tu as son phone, bien, jette-le!") Oui, l'ami Mike peut-être un ex.
-Un brin compliqué: "Allo, qui suis-je?"
-Un brin en français... Non, cela ne mènerait nul part, les américains ne parlent qu'une seule langue... l'américain.Face à cette situation quelque peu compliquée. Il est vrai que les discussions cocasses ne manqueraient pas. J'optai alors pour la stratégie passive, celle d'attendre un coup de fil. Oui, mais voilà arrivé le long du PCH, le téléphone renaissait, le réseau s'était rétabli. Bonjour, vous avez 38 personnes qui ont récemment tenté de vous joindre! Assurément, son propriétaire était une femme! Et mon attente ne fut pas longue, en effet une dame, une amie au propriétaire du téléphone, m'appela alors qu'elle était en route pour L.A. depuis San Diego. Elle n'allait assurément pas pouvoir récupérer le téléphone, mais acquiesça pour joindre son propriétaire. Me voilà, sur la piste, elle s'appelait Lisa, oui une femme, mais j'étais toujours en possession de son téléphone.Le téléphone sonna à nouveau, bien 10 min plus tard. La personne au téléphone m'interrogea:
-"Bonjour, vous avez le téléphone de ma sœur".
-"Euh, oui. Je l'ai trouvé."
-"Attendez, je vous passe ma sœur."
Ouah, je vais bientôt parler au propriétaire de ce téléphone. Quel dénouement! Vais-je finalement connaître toute la famille?
-"Bonjour, vous avez mon téléphone, mais où l'avez-vous trouvé?"
-"Bonjour, je l'ai trouvé à Point Mugu State Park."
-"Oh, oui j'ai du le perdre mercredi dernier."
Trois journées sans téléphone, mais comment a-t-elle survécu? Finalement, elle compris rapidement que je n'étais plus au parc, et que je me dirigeais vers L.A. Cette personne habitait Oxnard, et L.A. était à près d'une heure de route. Je me suis alors garé à Oasis Imports sur Topanga Canyon Blvd, un magasin de bric-à-brac. Si vous passez un jour dans le coin, vous aurez une petite pensée pour moi! Le magasin fermant tardivement, elle n'aura aucun mal à récupérer son téléphone dans la soirée. Le vendeur n'a pas été très chaleureux, mais pourquoi le blâmerais-je; je ne veux pas acheter et en plus je lui demande un service! Ceci est contre tout fondement américain.Moralité: avant de ramasser le téléphone d'un inconnu, pensez que le tissu social de cette personne peut être bien plus compliqué que celui de cette charmante Lisa. Mais au mieux vous lui rendrez son tissu social.

lundi 12 avril 2010

7th Heaven


7th Heaven


When despair grows in me
I go and walk through a forest path
I come into the peace of the wild things
Up there, as in a fairytale retreat,
My spirit sounds getting away
And my doting heart find you.
For a time, I rest in peace and am free


12th April 2010, love you Mour

samedi 10 avril 2010

Historical day in L.A.

Il était une fois, une histoire si triste que seul l'homme en pouvait être l'auteur! Ce récit naît d'une série d'expéditions à travers le monde. La découverte, le partage, pouvaient être les motivations de ces premiers voyageurs. Il n'en sera que pure humanité: guerre de religion, soumission et esclavage. Ne croyez nullement que l'exposition, à laquelle j'ai participé dernièrement au sein du Natural History Museum, et qui entre autre portait sur l'histoire de la Californie, eut un caractère aussi accablant. Ou l'accès, je le souhaite, aurait été interdit aux plus jeunes. La présentation en est tout autre: belle maquette de navire de conquistador, reconstitution d'un habitat des natifs, chronologie de l'histoire jusqu'au développement de l'industrie. Mon esprit à travers les âges a simplement lu entre les lignes de l'histoire.L'histoire débute par une idée folle, en Castille, celle d'atteindre l'inde en engageant une expédition à travers l'océan vers l'ouest! L'accès habituel par l'Arabie était long et coûteux. Dans un souci d'améliorer les échanges commerciaux, dans un univers socio-politique en plein expansion, et en partie pour contourner le redoutable Empire Ottoman, Christophe Columb convainc la reine Isabella de la faisabilité de son expédition. Bien que ses estimations furent bien loin de la réalité (4000kms, quand la circonférence de la Terre en fait dix fois plus!), il atteint cependant le littoral après un peu plus d'un mois de navigation.Il venait de jeter l'ancre au niveau des Bahamas, seule ma sœur aurait pu se tromper autant en y réfléchissant bien (à propos, pour toute question se référant à la localisation de cette île, veuillez consulter ma chère sœur et redoutable géographe)! Sur place, les indigènes locaux étaient amicaux et hospitaliers, Columb remarqua leur manque de modernisme en matière d'armes de guerre, il en conclut qu'avec seulement 50 de ses hommes ils pouvaient tous les vaincre et les asservir à sa guise! En réalité la maltraitance, la soumission et les nombreuses maladies apportées par les colons seront les causes d'un déclin démographique désastreux! Pour la première fois et en scrutant l'horizon, les amérindiens ont dû apercevoir de curieuses silhouettes blanches. Surement intrigués par la venue de tels voyageurs, ils seront cependant à cent lieux d'imaginer que ces embarcations deviendraient leur pire cauchemar! Véritable choléra, les expéditions se multiplièrent.En 1507, Vespucci découvrit finalement le continent d'Amérique, en traversant le canal de Panama, il ouvrit une brèche sur les côtes ouest du Pacifique. Le nouveau monde venait réellement d'être découvert aux grands dames des différentes civilisations vivant paisiblement sur place. Hernan Cortes conquit le Mexique des Aztèques, Francisco Pizzaro envahit le Pérou des Incas. En définitif, seule la puissante civilisation des Mayas aura tenu tête près d'un siècle à ses différents assaillants.En 1542, Juan Rodriguez Cabrilho posa ses yeux sur le site de Los Angeles. A l'époque, seule une vaste plaine vierge était présente, traversée ci-et-là par différents cours d'eau. De cette plaine s'échappaient de nombreux îlots de fumée. Un signe de vie certes, mais surtout une main d'œuvre bien malléable! Le mal-traitement des amérindiens est tel que, même à la maison mère, en Espagne, les théologiens s'affrontent sur la condition humaine de ces derniers. Juan Gines de Sepulveda (Sepulveda est un incroyable long boulevard traversant de nos jours L.A., même si son nom doit certainement être lié au colon mexicain Francisco Xavier Sepulveda. Enfin, ce nom m'a simplement interpelé!) avance des propos qui de nos jours révolteraient tout humain: "Ceux, dont la condition est telle que seul l'emploi de leurs corps présente une utilité et rien de mieux ne peut être attendu d'eux, ceux-là, j'affirme, sont esclaves par nature." Il seconda que les natifs sont comme "des enfants à leurs parents, des femmes aux hommes, des faibles pour les puissants." Pas étonnant, avec des maîtres penseurs de cet acabit, que l'histoire de l'homme se soit construite à travers les âges en une succession de guerre!Nous sommes bien loin de cette charmante vision de colons découvrant le monde et occupant de modestes ranchs. La Californie n'était cependant pas une terre qui attirait les colons espagnols. L'Amérique du sud leur semblait beaucoup plus riche. Il est vrai que la Californie n'est autre qu'une immense terre aride, interrompue de vastes vallées désertiques et de hautes chaînes montagneuses. Aventurez-vous dans les terres et vous tomberez certainement sur des lieux uniques au monde. Enfin, des villages ou des motels fantômes n'aspirent pas forcément la bienvenu!En 1769, ce sont les moines franciscains qui sont en charge de consolider la mainmise espagnole sur la Californie. Ils construisent alors 21 missions et nombreux presidios le long de la côte du Pacifique de San Francisco à San Diego. Pourquoi une telle soudaine hâte, alors que la Californie ne semblait pas les intéresser? Pour la simple raison, que l'Espagne n'était plus la seule contrée européenne à s'aventurer à travers le monde. Cependant, le déclin de l'empire hispanique avait déjà sonné depuis un long moment déjà. L'Espagne même était touchée par le déficit économique, alors pensez-vous, investir dans des expéditions lointaines n'étaient plus au goût du jour. Les colons franciscains seront alors livrés à eux même, la Californie deviendra finalement mexicaine en 1821. Alors que les premiers colons du nord-est gagnent leur indépendance face à la Grande Bretagne, la Californie ne sera proclamée 31ième états des États-Unis pas avant 1846. Je ne vois rien de florissant en une telle histoire, où la mémoire des natifs ne réside plus que dans une reconstitution d'une hutte au sein d'un musée d'histoire naturelle... Je vous fais grâce des affrontements liés à la ruée vers l'or, être natif reste une éternelle souffrance!Enfin, le musée ne se limite pas uniquement en cette reconstitution. L'un des points d'orgue est sa vaste collection en gemmes (pierres précieuses) et minéraux. Pour faire simple des cailloux... Mais si je reporte les dires d'un des visiteurs: "Look at all of these stuff, looking around can take forever!" qui se traduit par "Regarde tout ça, on peut y rester pour toujours!" Effectivement, la collection est colossale, allant de simples densifications de silicate aux pierres précieuses à plus de 500 carats! De quoi faire envier de nombreux bijoutiers!
Au beau milieu de la pièce centrale du musée, on peut y découvrir une impressionnante reconstitution d'un tyrannosaure et d'un tricératops. Archéologue, voilà une profession pleine de sagesse et de patience. C'est certainement dans ce type d'endroit que naissent de véritables passions.
Finalement, vous l'aurez compris cette journée fut riche en histoire. D'une part dans le sens littéral du mot, mais pas uniquement... Plus précisément parce que j'ai traîné mes échines dans un musée. Assez exceptionnel pour le souligner... Enfin, il y avait des cailloux et des animaux donc je reste tout de même dans mon élément. Mais le point le plus insoupçonné était mon envie de faire du shopping. Pas dans le musée, je vous rassure. Les bijoux n'étaient pas en vente! Voilà, j'ai profité de cette occasion pour visiter la célèbre 3rd street (promenade) sur Santa Monica. Seulement, les articles y sont particulièrement chers, et mon envie s'est progressivement évanouie. Enfin, elle resta suffisamment longtemps pour que ce jour reste à jamais historique... (A noter également les performances de danse de rue tout à fait exceptionnelles, break dance et autre chorégraphie)
Je conclurai cette note riche en histoire par les propos de Pliny the Elder riches en vie:

"In gemstones the whole majesty of nature is encompassed in minute space... A single one suffices to demonstrate the excellence of creation."