mercredi 28 juillet 2010

Tic en quête d'un nouveau monde

Loin de son village, loin de ses proches, et après de longs mois de durs labeurs, Tic venait enfin d'achever sa formation. Souvenez-vous il s'était rendu à la ville pour acheter un télescope, mais très vite et sous l'influence de ses pairs il entama un apprentissage afin d'en approfondir ses connaissances. Tic est particulièrement connu pour être tête en l'air, mais dorénavant cette dernière se plait à airer dans les étoiles! Saviez-vous qu'il existe différents télescopes et que l'univers recèle bien de nombreux mystères? Saviez-vous également que ces dits télescopes permettent d'accéder à différentes longueurs d'onde ou fréquences du spectre optique de la lumière? Ainsi, chaque éléments ou poussières de l'espace concèdent peu à peu de précieuses informations. La voie lactée, les galaxies, les trous noirs, la théorie du big bang seront bientôt que de vieilles notions conquises.
Un des derniers opus de Tac intitulé "Le Roi lion: Takuna Tacata" tourné sur Culver City
Son expatriation ne fut pas chose aisée: le changement de rythme de vie, le profond bouleversement dans ses habitudes, la mutation de son entourage ne lui ont pas été d'un grand réconfort à ses débuts. A ceci vous ajoutez un télescope des plus récalcitrants, et vous obtenez un cocktail sans alcool, acerbe, et bien amer! En effet, le télescope avait beau être parfaitement orienté, l'univers malheureusement ne dévoilait que très rarement ses secrets. L'enthousiasme ne fut pas toujours au beau fixe, vous l'aurez saisi, mais les nombreuses visites de Tac lui ont à maintes reprises réchauffé le cœur. Tac était également ravi, ses escapades en ville étaient pour lui l'occasion rêvée de réaliser des photographies que nul autre pouvait égaler! Généralement, le fait de passer ne serait-ce que quelques jours en ville lui suffisait amplement pour alimenter la gazette rurale pendant plusieurs semaines. En y pensant l'affaire semble curieuse, partir en séjour en ville permettait à Tac de moins travailler une fois de retour au village. Mais quelle ironie! En somme ses congés en ville étaient devenus un réel investissement sur de nombreux jours de repos futurs! Tic a toujours eu comme rude ambition de devenir "vacancier dans ses châteaux", mais seul Tac avait finalement trouvé une bien belle parade. Les aventures de Tic n'étant devenues que l'ombre d'un soupir, Tac en profitait pour agrémenter ses rubriques de fictives découvertes, de mésaventures sur-romancées sachant pertinemment que personne ne viendrait se plaindre auprès de la direction. La gazette était l'unique journal et moyen d'information du village, les photos y étaient fantastiques et les scénarios purement féériques. Au quotidien, le journal alimentait de nombreuses discussions faisant le bonheur des plus jeunes et des plus grands.
Le dernier best seller de Tac réalisé à Végas: "Tac en présence d'un clown"
Lors de son dernier voyage, Tac avait pris bien de nombreuses photos et il ne serait pas surprenant de voir apparaître de nouvelles chroniques. A son accoutumé, il endimanche ses écrits par des titres sortis tout droit de studio de cinéma. Mais en ayant la justesse d'ajouter son nom à l'intitulé! Voyons voir: "Tac, l'évadé d'Alcatraz", "Twin peaks: fire walk with Tac", enfin ce ne sont pas les titres qui manquent! Et aux vues de ces dernières photographies il ne serait pas étonnant de voir apparaître prochainement: "Le Roi lion: Takuna Tacata" ou encore "Tac en présence d'un clown". Mais attention et détrompez-vous, Tac ne fait pas seulement dans le sensationnel! Bien sûr il se joue de temps en temps de ses lecteurs, et profite de leur innocence pour multiplier ses jours de repos, mais comme tout artiste il gagne ainsi en sérénité, en équilibre. Ses photographies gagnent en force et en intensité, sa dernière œuvre a tout simplement révolutionné la vision de la ville que se faisaient les villageois. Une voie ferrée d'une perspective sans fin, serait-elle sans lendemain? Ou bien au contraire montre-t-elle une immense possibilité de découverte. Une scène désertique des plus grands westerns est suggérée par un espace épuré avec une civilisation attenante et les quelques palmiers... Imaginez donc un titre auquel Tac aurait pu y ajouter sa signature...
Il était une fois Tac dans l'Ouest
Les hummingbirds sont bien présents!
Désertique, est loin d'être l'adjectif dont Tic utiliserait pour décrire cette ville. Avec Shentae la cigogne, coiffeuse de ce jour, aventurière des contrées lointaines, grande, élancée et aux rires communicatifs, ils s'accordent tous deux à peindre un étrange portrait de cette ville. La tentaculaire serait bien mieux adaptée. L'espace y est si vaste que même d'un quartier à un autre vous avez d'importants écarts de température! Cette distance rend certainement les gens plus étranges, sans profonde humanité, privilégiant sans demi-mesure les échanges superficiels aux relations fraternelles. Cependant la vie semble suivre son cours et les gens ne semblent nullement freinés par ces curieuses fréquentations. Une accolade par-ci, une embrassade par-là, vous avez la fâcheuse impression que la plupart de ces gens appartiennent à la même famille, une famille sans réel Amour. Alors que les mèches rebelles de Tic tombent peu à peu, la longue introspection sur cette ville et ses citadins se dessinent.
Attendez un peu... Qui du village aurait certainement son mot à dire? Qui d'assez qualifié ne pourrait se contenir et apporterait rapidement une profonde analyse sur une telle étude communautaire? Qui des protagonistes des aventures de Tic & Tac a pour lot quotidien le comportement social et individuel? Qui parle trop finalement? Borah la Psy-Chouette bien sûr! Imaginez là, toisant son plumage, redressant ses lunettes de vue et arborant une posture des plus chevaleresques: "Moi Borah la Psy-Chouette, première du nom, je m'en vais vous conter les déboires de ces citadins et la déchéance qui ronge cette ville".Borah la Psy-Chouette se lança donc dans une longue obole en l'honneur des villageois. "Notre village n'a que faire du rugissement et de l'éclat de cette ville puisque notre village est notre identité. Ce village nous l'avons conçu, il nous ressemble, il nous anime et nous l'animons. Nous ne formons qu'un avec ce dit village. C'est cette harmonie, cette identité qui manquent irréfutablement à ces pauvres androïdes de la ville. Leur sort est voué à airer en vain. Leur conviction dans la vie s'est peu à peu éteinte, comme un mal qui les hante, ils ne ressentent plus le bien, ne ressentent plus le mal. La vie ne vaut d'être vécue sans Amour, la ville leurs a ôté tout contrôle. Victimes de leur propre expansion, ils vivent pour la ville, mais ne vivent plus pour eux ou pour leurs semblables! Mes amis, mes frères, ne voyez pas cette ville comme une belle pomme savoureuse. Une pomme si désirable qu'elle vous dévore de ne pas pouvoir y plonger vos longues dents. (En chuchotant) Désolé Xouille, la Marmotte, je n'ai pu m'en empêcher! Mais voyez la comme un fruit dont l'expansion peut vous nuire et vous absorber à son tour."Pas de doute Borah la Psy Chouette a bel et bien une dent contre la ville. Sa description et son intransigeance envers elle dénote en tout point avec les douces mélodies et vols en parapluies dans Mary Poppins. Peu adepte des médicaments placebo, elle n'a jamais été tentée par le sucre qui aide tant la médecine à couler! Vous savez, Psy-Chouette a tellement de personnalité que même les mèches de sa récente coupe de cheveux en ont! Souvent à l'écoute de ses patients, elle ne se laisse pas pour autant démonter face à des cas sociaux plus ou moins difficiles, et ne manque ainsi pas de répartie. J-D le chimpmunk peut en témoigner. Ce dernier souffre de petit trouble psychotique, ainsi ses neurones ont tendance à lui jouer des tours. Récemment, il s'est cru en sainte, idée qui reste totalement saugrenue pour un mâle! Quoiqu'il en soit il n'en démord pas. Il se plaint de maux de ventre à répétition qu'il assimile au cycle lunaire. Également, il s'est rendu compte qu'il avait de sérieuses envies de baies rouges ou de noisettes. Quelle belle affaire! Ce petit être reste un écureuil, rien de bien anormal en soit. Psy-Chouette n'en voyant pas la fin, et ne sachant plus comment le raisonner dut agir en conséquence. Sa réplique se fit sans alternative: "Vous savez, M. J-D, il n'y a pas de quoi s'alarmer et votre mal, dans 9 mois, passera".
Après une accolade avec Shentae la Cigogne (comme quoi la ville commençait déjà à empiéter sur leurs comportements), Tic se devait de vendre son télescope. Il ne pouvait en effet décemment pas le conserver pour le voyage. En vol d'albatros, vous n'y pensez pas, où pouvez-vous loger ce volumineux appareil, voyons... un peu de sérieux. Tic avait fait l'essentiel, pensait-il, pour pouvoir vendre son télescope. Annonce de grande qualité, avec des termes techniques pertinemment choisis: "l'appareil est de grand confort de la marque Newton, il présente 2 types d'oculaires super 25 et super 10, ses lentilles achromatiques sont adaptées avec un appareil photo coulant. Les lentilles ont récemment été changées, preuves à l'appui". Cependant, malgré cette annonce bien pensée, les clients sérieux n'affluaient pas pour autant. Son inquiétude grandissait à tel point qu'il se voyait peu à peu dans l'extrême désespoir de devoir un jour proche brader son acquisition!
Sa crainte ne faisait qu'augmenter au contact de cette civilisation sans scrupule! Sans même avoir vérifié l'appareil, des acheteurs potentiels lui quémandaient sans détour de réduire son prix de vente. D'autres encore plus fourbes lui proposaient des échanges avec des télescopes de bien piètre qualité. Le palmarès de la médiocrité revient certainement aux petits malins qui cherchent les bonnes occasions de ce type: un achat au rabais et une vente dans le temps avec un dividende garanti! Alors qu'il commençait à désespérer de ne pouvoir vendre son télescope et qu'il était de plus en plus harassé de devoir négocier avec ce monde insensé, un curieux personnage prit contact avec Tic. Un lémurien du nom de Steven, un tel nom ne peut s'inventer, semblait être réellement intéressé par l'objet que détenait Tic. A vrai dire, Tic avait déjà eut une dizaine de personnes du même type, c'est à dire potentiellement acheteur mais particulièrement louche, et son entrevu avec le lémurien ne le laissa pas pour autant enthousiaste. Fatigué des nombreuses ventes sans concrétisation, exaspéré du peu de personnes bienséantes, il n'accorda donc dans un premier temps que peu de crédit à ce lémurien.
Le lémurien s'était présenté comme un ancien saltimbanque de grande renommée. Il avait donc roulé sa bosse et son âge avancé ne lui permettait pas d'assurer de nouveau spectacle comme dans le temps. Son frère lui prêtait à ce moment là un télescope de haute gamme, la rolls-royce des étoiles, la porsche des constellations. Son propre vieux télescope commençant à rendre l'âme, il se devait d'acheter rapidement un nouveau. En définitive, ce Steven et malgré les apparences était un sérieux acheteur au plus grand bonheur de Tic. Après avoir surmonté des débuts difficiles puis succombé à des jours meilleurs, Tic s'était finalement heurté aux déboires d'un départ imminent. Espièglerie, raillerie, ignorance de la ville feront place dès son retour au village à de la bienfaisance, de l'indulgence et du discernement. Ses proches ainsi que ses racines lui ont terriblement manqué, mais lui ont certainement permis de faire face à ce terrible défi qu'était la ville.
Loin de son village, il gardera à jamais gravée l'image de la bienveillance de Xouille la Marmotte lui permettant d'appréhender au mieux les dures lois de ce monde artificiel. Elle, si à l'écoute et si prévenante. Oui, le secret n'est plus à cacher, et le village est enjoué à l'idée de leur tendre communion. Celle-ci malgré la distance qui les sépare et les 9h de décalage aérien reste omniprésente dans le cœur de Tic. En effet, le vol postal le plus rapide étant l'albatros, les courriers arrivaient généralement avec un certain délai. Malheureusement, Tic utilisait le plus souvent de modestes pigeons voyageurs, ses messages prenaient nécessairement plus de temps, pire encore, préjudice souverain, ses lettres pouvaient se perdre lors du transport. Le froid, la fatigue, la perte d'orientation ou l'attaque destructrice d'un rapace sont les nombreux facteurs pouvant interrompre la communication entre nos 2 tourtereaux. Les pires malheurs pouvaient fatalement arriver à ces pauvres pigeons rendant à néant l'espoir de Xouille d'avoir de si précieuses nouvelles.
Narguant ces inconvénients postales, Xouille brava sa peur de la ville et vint voir son cher et tendre. Dans le peu de temps qui leur était concédé, Tic & Xouille visitèrent l'agglomération même si cette dernière les apeurait littéralement. Aspirant à plus d'espace et de découverte, leur voyage du bord de l'océan restera à jamais gravé dans leur mémoire. Le pont rouge doré, les collines résistantes mais si enivrantes, les aquariums géants, les espaces grandis gratifiant d'un souffle de liberté, les otaries de mer jouissant d'un soleil radieux, les gîtes étonnants, la cité aux toitures rouges... Le séjour de Xouille fut d'autant chatoyant que son départ fut déchirant.
Une fois Xouille de retour au village et Tic de nouveau livré à lui même, ce sont les nombreux colis d'albatros qui remplirent Tic de bonheur. Oui, certains d'entre vous l'auront deviné, connaissant la gourmandise de l'animal, ces paquets étaient riches en cacao. Mais ils étaient surtout garnis d'Amour. Tic a ainsi su conserver son identité qui lui est chère, sa belle Marmotte en est pour beaucoup, peut-être seule une mèche rebelle aurait changé? Son expérience fut riche, il en ressort grandi (18,6 cm pour être exact) et est définitivement prêt à visiter de nouveaux mondes en douce compagnie de sa Marmotte. Les aventures de Tic & Xouille devraient à coup sûr attirer l'attention de fervents lecteurs...
Photo prise par Xouille la Marmotte sur Santa Monica lors d'une de ses visites à Tic

lundi 19 juillet 2010

(San) Catalina Island & new heroes

Quelle destination paradisiaque me suis-je réservée pour l'un de ces derniers et précieux weekends? Serait-ce une vente de sofa impossible avec une inconnue n'ayant pas de moyen de locomotion? Serait-ce alors un dialogue sans fin avec un internaute se payant ma tête pour une maudite petite table de salon? Ou bien serait-ce une énième débauche d'énergie pour céder l'une des rares bonnes affaires en matière de voiture sur craigslist (une trouvaille américaine pour vendre et acheter tout et n'importe quoi)? Je l'avoue toutes ces perspectives sont loin d'être idylliques, loin de là, mais ont raison de mes dernières semaines en terres californiennes! Oublions ces aléas exigés d'une vie sur L.A. et concentrons nous sur le réel objet de cette note: la visite d'une des 8 îles du channel island!
Un regret peut-être? Celui de ne pas avoir visité ou conquis toutes ces îles. Pour le coup, je me serais bien mis à la place d'un hispanique à la recherche de nouvelles terres lointaines. Enfin, seulement un petit regret dans la mesure où si vous réalisez un rapide tour d'horizon sur les prix des bateaux vous permettant d'atteindre ces îles, vous pouvez rapidement tomber des nues. Un exemple pour gagner San Catalina (ou plutôt Catalina puisque San Catalina est beaucoup trop long pour être entièrement prononcée), une péninsule au large du pacifique, vous pouvez vous en sortir pour la modique somme de 66.50$ (en omettant la place du parking bien sûr!). Chère l'aventure me dites-vous... mais, mes chers, vous êtes à L.A.!
Une fois les ports et les tarifs épluchés, nous avons opté pour un départ depuis San Pedro, qui est en réalité à deux encablures à l'ouest de Long Beach (donc sud depuis UCLA). Une fois n'est pas coutume pour les chers mariés qui m'accompagnaient, nous arrivâmes avec plus d'une heure d'avance. Entre réservations qui risquent d'être sucrées et exigence américaine à outrance en termes d'embarcation, nous avons opté pour l'option sécurité... à défaut de repos. Un mal pour un bien finalement, nous avons pu faire un tour rapide du port environnant. Que dire? Plus à l'est les collines citadines dominant l'océan de Lamita et Rancho Palos Verdes, une terre qui semble toute, a des allures de La Jolla ou de la Loma Portal de San Diego. Quant à l'ouest, le port supra-industrialisé de Long Beach, un pont pour y accéder le Vincent Thomas bridge et des grues portières griffant tout le paysage, hum... des analogies avec la ville d'Oakland me viennent en tête. Une fois à bord, mon mal de mer ne m'aura pas trop chagriné pour cette traversée de moins d'une heure, puisque l'océan, ce jour-là, n'avait rien à offrir excepté une épaisse brume matinale. Peu importe, je crois que nous avons tous dormi... comme de vrais touristes ballotés par un réveil beaucoup trop à l'aube.
Une fois sur place, une fois arrivés sur l'une des rares villes de l'île (Avalon), nous nous dirigeâmes vers une auberge de jeunesse sur Claressa ave. L'idée est d'y demander un passe gratuit de hiking pour la journée et des semblants d'indication quant à l'itinéraire à suivre. Et oui, rien est favorisé pour vous laissez partir d'Avalon, tout y est accès océan et usufruit des nombreuses activités nautiques! Là, surement l'un des gérants de l'auberge, nous présente 3 pauvres itinéraires de hike formant une boucle plus ou moins longue autour d'Avalon. Rien à faire tout converge sur Avalon, et rien n'est laissé au hasard, jusqu'à la pure impossibilité d'accéder par voie terrestre à une quelconque île isolée! L'un de nos projets du weekend venait déjà de tomber à l'eau. Et que dire de celui de pique-niquer à côté de l'océan? Au moins le gérant nous concéda la bonne voie à suivre pour éviter de payer l'entrée du monument mémorial: dans un sens vous payez, dans l'autre non, mais vous marcherez...
Le kart de golf, le moyen de transport par excellence de l'île!
C'est le ventre gargouillant que nous entreprîmes la balade et laissâmes les diluviennes attractions d'Avalon: plongée sous-marine, rafting, sportfishing, parasailing (parachute en bateau), kayac, snorkeling (plongée), spa, sous-marins, casino, golf... Autant dire et pour faire simple, nous avons bien dû marcher 4 heures le ventre vide, puisque une fois en altitude, le climat comparable à celui de Santa Monica ne laissait aucune once de chance aux moindres valeureux arbustes. Ainsi, à la quête d'une ombre perdue, nous avons pratiquement achevé la boucle et gagné le lit de la vallée et plus précisément le Wrigley memorial monument. Pas grand chose à raconter sur William Wrigley Jr., mise à part ce monument, qui fît office de parasol.
- Mais t'as un problème? Tu cherches l'embrouille?
- Mais, tu vas te calmer oui!

La dernière ligne droite dans le canyon fut beaucoup plus simple et à l'abri du soleil. Je ne peux vous dire ô combien fut salutaire cette margarita savourée en terrasse. Pour tout dire, la dose d'alcool généreusement servie me donna un énième élan pour plonger dans l'océan. San Catalina est donc une ville particulièrement orientée vers l'océan où les américains ne s'objectent pas à débourser des milles et des cents pour une expérience idyllique. Il est vrai que si le seul moyen pour accéder à des coins de plage perdus est de prendre la voie de la mer, je ne vois aucune objection. Mais juste: pourquoi? Enfin, la plongée sous-marine ne m'aura jamais autant tenté que ce jour-ci. Une telle effervescence pour l'océan, cela reste étonnant.
Une touriste posant sur mon panneau du Wrigley memorial garden - Que cela est embarrassant!Mam! As-tu vu la taille de ces bougainvilliers?
Le retour en bateau fut tout aussi calme que celui de l'allée: 1 heure de plus de sieste. La promenade en plein soleil et l'air marin auront eu raison de nous. Mais une fois l'ancre jetée et le pied de nouveau à terre, nous avons trouvé les ressources nécessaires pour apprécier un suprême burger au Counter. This is it! L.A. tout comme la Californie a tant à offrir mais également tant à vendre... à consommer donc avec modération.
Les joies de l'océan, des sensations pures.

samedi 17 juillet 2010

The real L.A. face!

Soyons consistant dans la description de L.A... A travers mes propos, vous l'avez vue: extraordinaire, hors du commun, imprévisible, déroutante, démesurée... La tentaculaire L.A. n'a d'égale et les qualifications se perdent dans de nombreux superlatifs. Cependant, ce visage peint, bien que réel, reste pour le moins stéréotypé. Comment ne le serait-il pas dans la mesure où les lieux visités s'avèrent être pour l'essentiel sur Hollywood, Malibu et les plages bordant le Pacifique! Que manque-t-il alors dans cette description pour achever l'esquisse? Un indice: près de 90% de L.A. n'a pas été traité, et n'entre pas dans ces précédents registres! Et oui, L.A. est colossale et la plupart de son étendue représente des quartiers résidentiels. Alors, d'un point de vue d'un observateur, il n'est que peu ragoûtant que de se promener et "visiter" ces dits quartiers, et encore moins de les décrire. Mise à part, bien entendu, les différents quartiers huppés de L.A. qui restent pour le moins minoritaires. Cela étant, j'estime que ce sujet mérite d'être traité. Je pointe du doigt, ici, près de 90% de la superficie, sinon plus! Et je considère ces différents quartiers résidentiels, souvent pauvres, souvent à risque. Comprenez alors ma réticence à m'aventurer dans de tels espaces! Cette perspective avait cependant été initiée lors de mes balades dans l'arrière backyard de Venice, même si je ne considère pas ce quartier dangereux, même de nuit. Mais qui irait décrire Electric ave., où généralement je trouve à me garer, et qui trouverait un certain charme au Speedway à proximité de l'océan?
Dans le même registre, le centre-ville de L.A. et toute son étendue sud et est, trouveraient place dans cette note. De jour, le centre-ville n'est point alléchant, et pour peu que vous vous éloignez de ce "centre", vous vous retrouverez dans des quartiers bien mal fréquentés à ne pas en douter. Une fois le ciel bleu évanoui, je vous laisse imaginer alors ces quartiers ghettos reprendre leurs sombres affaires... "Que tout ceci est bien sordide", me dites-vous. "Mais pourquoi bon traiter un tel sujet?" Et bien, pour 2 raisons: d'une part car L.A. sans ses 90% d'espace habitable n'est plus L.A., et que deuxièmement j'ai récemment eu l'occasion de me balader dans de tels quartiers, me faisant alors penser qu'il manquait une énorme description de cette ville. Ainsi, finies la féérie et l'extravagance de L.A., place à la réalité et aux ghettos!
Me voilà donc à Gardena bien au sud de Culver City (anciennement ghetto) où je vis actuellement, et uniquement à 6-7 miles à l'est de Manhattan beach. Bien que proche de la côte, ce quartier délimité par les freeways 405 à l'ouest et au sud, 105 au nord et 110 à l'est n'a que très peu d'intérêt. Question se posant alors tout naturellement: mais par quel hasard me suis-je donc retrouvé dans ce périmètre? Pour tout dire, ma voiture nécessitait avant sa vente une énième réparation, et le seul et unique garagiste louable de L.A. (je généralise il y en a certainement d'autres de sincères, mais dans la masse, les personnes raisonnables se font rares!) opère sur S. Western ave. à Gardena. Anecdote confirmant mon feeling de ces bas quartiers, au moment de laisser la voiture et ce pour la matinée aux mains du garagiste, ce dernier me conseille de ne pas trop m'aventurer au nord et surtout au nord-est du garage. Autant dire éviter la portion traversée par le freeway 110 et les quartiers tels Willowbrook et West Compton. Voilà encore des paroles qui témoignent de la bonne foi de mon garagiste, mais qui ne me laissent pas pour autant serein dans ma future expédition.
J'avoue cela ne vaut pas la porsche sur Rodeo Dr. (https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh-hQ3_SdzQmU6PMTH5OIY6puhJYtJDfXgfi1K72KKrxcIZ-6kWnm2F-PTuJU3lH8-5SsgIuWwUfqRO1TUqBrCe1uaaH1seh1YAZiphbBpJ7EVO01DeWTHvR-d4-532GtJx_DnNl7c68Vk/s1600/Image544.jpg)
Enfin, le but ultime de ma promenade était le grand magasin japonais Marukai Market, situé plus au sud, donc mon itinéraire ne devrait pas être heurté par une quelconque échauffourée. Profitant de ce temps libre pour faire une boucle, je n'en étais pas pour autant rassuré, et mon pas se fit alors d'un pas alerte, vigilant de chaque mouvement, épiant le moindre petit bruit sournois! Finalement, le fourbe dans l'histoire était bel et bien moi, mais rassurez-vous je n'en étais pas pour autant à longer les murs, je ne voulais pas alerter le voisinage de mon étrange présence. Mon appréhension ne se fit sentir en réalité que lorsque j'entrepris un petit détour derrière une église coréenne. Jusque là, vous me direz que la scène semble peu inquiétante, mais en réalité la rue adjacente était bien mal fréquentée. Je ne me suis pas attardé, mon objectif n'aura alors à ce moment là pas joué de son numérique.
Un des véritables visages de L.A. si paisible...
Sans pour autant avoir remarqué de richissimes villas sur mon parcours, j'aurai cependant noté de nombreuses divergences d'un quartier à l'autre. Le quartier près de l'église coréenne était malsain à ne pas en douter, le canal à proximité était le siège de campements de sans-abris (alors que des jeunes utilisaient le terrain sportif de l'école avoisinant), et je ne sais toujours pas lequel de ces 2 types d'habitation est le plus agréable à savoir, d'une part un quartier résidentiel bien mal fréquenté ou d'autre part des entrepôts ou magasins sans âmes sur les artères principales. Côté vie sociale, je me demande que peuvent bien faire ces gens? A vrai dire en semaine, samedi inclus, ils doivent certainement travailler dans un garage, au vue du nombre d'établissements pour voiture que j'ai pu remarquer! Entre garages en tout genre, magasins pour pièces détachées, entreprises (body shop) pour remettre votre voiture d'aplomb à l'issue d'un accident, sans oublier les stations services et les parkings, Gardena est clairement orientée vers le marketing de l'automobile. Cela en est maladif, et incombe fortement au "charme", si il en demeure toujours un, de la ville. A cela vous rajoutez les nombreux étalages libres de vente de particuliers, et vous avez des scènes peu attrayantes en pleine rue.
Simple recherche google avec le mot clef: "repair" (imaginez alors en utilisant les mots auto, garage etc.). Grosso-modo surement 100 magasins liés à l'auto au km2
Finalement, après avoir particulièrement cramé ce jour là sous le soleil, je gagnai le magasin japonais en question du début de ma note, le Marukai Market. Un grand magasin sur 2 étages, où les articles se perdent sur des rayons particulièrement sur-chargés. Un endroit merveilleux pour tous adeptes de la cuisine japonaise, avec à l'entrée un restaurant hawaïen Kau kau korner. Enfin, comptant revenir avec le coffre de ma voiture pour acheter quelques articles, je ne pris alors qu'une bouteille de coca pour assouvir ma soif. Bien mal m'en ai pris! Arrivé au moment de payer, la caissière avec son timbre de voix japonais, qui pour le coup était des plus intransigeants me dit: "It's 10 bucks, you need a membership card!" Et me fait signe où je dois me procurer cette carte. Finalement, je crois qu'elle a gardé ma bouteille de coca, puisque je n'y suis pas retourné... Quelle idée! Allez faire des courses à Gardena, alors qu'il y a 2 magasins japonais à proximité de chez moi sans grande différence (Mitsuwa sur Venice Blvd. et un japenese market sur Sawtelle blvd!). En réalité, si, il y a une différence: ces 2 derniers magasins ne réclament pas de carte de fidélité. Je pourrais toujours me vanter d'être leur seul client à dividende négatif, dans la mesure où j'ai bien du tester 3-4 stands gratuits. Finalement, même à travers ce magasin japonais, L.A. aura révélé une grande partie de son visage, un voile beaucoup plus pernicieux et corrompu.

mercredi 7 juillet 2010

From a deep water to a dizzy rim - You're in Zion

Ceci est pure ironie: le désert et les différents canyons que nous pouvons admirer de nos jours doivent leur splendeur à un travail inépuisable de l'eau. Sédimentation, érosion, je vous épargne un remix de la formation de Bryce canyon, mais, et paradoxalement en ce mois de juillet, l'eau sera le fil conducteur de ce weekend. Les deux derniers jours de ce weekend prolongé, finalement "independance day" nous souffle un vent de liberté, auront pour fonction d'explorer plus en détail le parc de Zion.
Je vous jure, mon intention n'était que de prendre la cascade en photo, le modèle s'y est attachée d'elle même!
Zion était en effet le premier parc que nous avions visité lors de notre ancien périple autour du grand canyon. Enfin, la visite fut si courte, une petite après-midi en somme, que nous nous promîmes de refouler ces terres. J'espère ne pas me répéter mais ce parc a des allures de Jurassic park dans la mesure où pour accéder aux sentiers il faut monter dans un bus (shuttle) qui nous conduit ensuite point par point aux différents lieux voulus. Voix émanant d'un enregistrement contant l'histoire de la vallée que nous allons emprunter, les différents sites et leurs spécialités sont détaillés un à un. Zion human history museum, canyon junction, court of the patriachs, zion lodge, the grotto, weeping rock (qui est en fait la balade que nous avions partiellement domptée la dernière fois), big bend, temple of sinawava, sont les différents lieux à s'attarder. Notre objectif de ce samedi est le terminus du bus et ainsi le temple of sinawava.
Vous n'allez pas me dire que cette jeune femme ne remonte pas son short intentionnellement entre autre pour la photo!
En fait, le shuttle longe la vallée et suit le cours de la rivière (virgin river). En fond de canyon, le cours de la rivière s'élève progressivement dans les interstices du plateau. Mais qui dit canyon, dit chemin étroit, et qui dit rivière et ascension, dit torrent cloîtré au beau milieu d'immenses murs rocailleux. Pour faire simple, la balade ne peut se faire sans être mouillé! A certains endroits l'eau atteignait le bas de mon bassin, soit 2 à 3 feet de profondeur (bien 1 mètre d'eau). Entre les personnes qui se promènent avec précaution cherchant à se mouiller le moins possible, et les autres qui ont finalement compris les joies de l'eau et se sont équipés pour l'occasion en conséquence: claquettes (même si ce n'est pas les meilleurs souliers que des pieds peuvent espérer) et l'indispensable maillot de bain, la balade bien que plus lente qu'à l'accoutumée reste fort sympathique.
Le photographe défie toute gravité ou Matt se joue-t-il des éléments? Bref, je ne sais plus j'avais la tête à l'envers!
Le spectacle de cette randonnée unique est ces différents flancs de falaises nommés à juste titre: wall street. Les blocs de roche s'érigent à la verticale. Il est également intéressant de noter le travail du cours d'eau ondulant et courbant les formes de la roche, allant jusqu'à créer parfois des semi-tunnels. La promenade cependant s'écourte au bout de 4 miles (pour tout dire nous n'avons même pas atteint ce point) puisque le niveau de l'eau devient de plus en plus contraignant, et que plus haut dans ce canyon les conditions nécessitent une préparation physique et vestimentaire de conséquence. Les brochures alertent effectivement les touristes sur la possibilité de montée rapide des eaux, déconseillant tout simplement toute excursion dans ces conditions. Mais bon, côté sécurité, toute excursion, bien que plus ou moins périlleuse soit elle, est sous votre entière responsabilité. Je me sens rassuré!
Matt, l'un de mes meilleurs modèles! Quelle inspiration!De rien Matt, si je peux aider à rendre une photo étincelante... je n'hésite pas.
Ainsi 4 miles de faible ascension sont autorisés. Plus haut, le canyon est accessible par le nord, sous réservation et combinaison appropriée, dans une balade dans le sens du courant. Un départ depuis Chamberlain's ranch gate et vous pouvez gagner le contre-bas du torrent après plus de 12h de promenade. Ainsi, nombreux espaces pour camping sont facilités plus en amont. Imaginez-vous partir 2 jours dans ce canyon, vous voudriez certainement que les conditions météo soient des plus clémentes. Vous ne souhaiteriez en aucun cas, vous réveillez au beau matin faisant du radeau avec votre pauvre tente!
Matt et the wall of street. Une légende!
Après Horseshoe bend, Grand Canyon et Sedona, mon coeur, Alexia, est également gravé à Zion
Le retour fut beaucoup plus expéditif, nous voulions en effet tenter de sécher nos chaussures. A défaut de chaussures toujours trempées, j'ai pu m'assoupir un moment le long cette fois-ci de la rivière plus en aval. A fortiori l'eau ça calme! La soirée se conclut tranquillement, dans un premier temps sereinement avec une douche tant attendue, et par la suite avec une nouvelle expérience anthropologique: un mini concert de country de Paola et Joe Ferrero.
Le lendemain, jour de notre retour, nous décidâmes en connaissance de cause de s'attaquer à la périlleuse ascension d'Angels landing. Périlleuse non pas part sa difficulté, car nous sommes arrivés au point critique de la promenade en moins d'une heure, mais périlleuse dans la mesure où si vous faites un mauvais pas, vous pouvez dire adieux au fascinant monde qui vous entoure! En effet, l'étroit sentier gagne le sommet sur 0.5 km avec des flancs de falaises, parfois de part et d'autre, vertigineusement verticaux! La question que tout le monde peut se poser: la Vie vaut-elle d'être mise en mode roulette russe le temps d'une ascension? Nous l'avons entreprise sur quelques dizaines de mètre, les sensations de vertige de Matt auront eu raison de cette balade, mais auront surtout été une preuve de sagesse sans égale. Une modération qui nous aura certainement sauvé la vie. Puisque Alexia m'avait sermonné de rentrer vivant, et que le passage à double flanc de falaise m'avait également refroidi, je n'ai pas insisté. En mon sens la sagesse a plus de valeur que la déraison, et la pensée de l'homme est l'une de ses valeurs souvent non sollicitée au profit de l'insouciance. Enfin, entre une dernière ascension de 20 min et un retour de 8h en voiture, je ne sais pas dans quelle mesure le danger ne serait pas cent fois plus important sur ces maudits freeways californiens... et que dire de 2 années à L.A...
A ce moment là, j'avoue mon appareil était déjà rangé! (photographie de Joe Braun)