lundi 31 octobre 2011

Du trésor d'Aliénor au symbolisme controversé de Dame Nature

L'île aux parfums, ou la lumineuse pour son soleil annuel, sont les noms attribués à cet archipel. Attachée au département de la "basse Charente", elle jouit d'un climat de type Midi-Atlantique. Et bien qu'elle soit éloignée de la chaleur azuréenne, destination de plus en plus sollicitée, les eaux bordant son littoral sont forts agréables grâce aux bienfaits des courants marins du Gulf Stream. Elle présente une végétation riche et variée; de résineux, de chênes verts plantés sur les cordons dunaires sillonnant le bord océanique; un terrain tantôt sablonneux tantôt marécageux propices aux marais et prés salés, une partie nord de l'île plus exploitée, plus agricole, vignes, céréales, mais qui n'altère en rien le caractère authentique, sauvage de ce lieu. Ainsi, vous vous retrouvez dans un petit endroit replié de la France où il fait bon vivre... en été. Je ne m'avancerais pas à dire que les hivers y sont doux et faciles! Chacun sait que les hivers à cette latitude Charentaise sont rudes. Quoi? Qu'ouïs-je? L'hiver n'y serait-il pas rude? Pour les plus récalcitrants, qui auraient eu un simple hochement d'épaule envers cette notion de froid, écoutez bien et sachez que la célèbre charentaise naquit quelques siècles auparavant dans cette contrée pour combattre le froid hivernal. C'est pour dire! Et justifie sans équivoque les dures journées hivernales que doivent subir les locaux. Certains autochtones garderaient même leurs pantoufles l'année entière! Mieux vaut être prudent contre le froid...
Arrêt sur image dans l'une des rues du petit village de ChaucreL'équilibriste sur deux roues
L'île en question dont je fais allusion est l'île d'Oléron. Elle est devenue petit à petit notre lieu de vacances balnéaires annuelles de famille par excellence. Épithètes à rallonge, j'en conviens, mais tout y est! La plupart des villes ont été visitées et (re)visitées: Chéray, St Pierre d'Oléron, La Brède, St Denis, Chassiron, La Cotinière, Boyardville... Certaines restaurations nous ont vus et (re)vus, et d'autres... nous n'y mettrons plus jamais les pieds! Les activités marines, quant à elles, n'y sont pas en reste. Les pêches endiablées de crustacés au rythme matinal des marées; les coques enfouis sous le sable, les palourdes, les huitres délicatement ôtées de leurs roches; sont devenues peu à peu et année après année de véritables expéditions marines. L'amélioration des outils de cueillette ainsi qu'une meilleure connaissance des marées et du terrain ont fait de la famille Forestier une redoutable ouvrière dans ce domaine. L'homme de Cro-Magnon a pris le temps pour évoluer, nous, nous y avons passé nos vacances! On notera cependant pour être totalement objectif, un important bémol concernant la cueillette des couteaux. Après des débuts chaotiques, chasses sans sel, des bigorneaux délogés à foison, des craintes dans l'art de saisir le couteau, les balbutiements ont fait place à du bredouillage voir du marmottement. De sérieux efforts sont donc à fournir dans ce domaine...
Ce titre n'apporte rien de plus, tout est clair!
Cette année sur l'île fut marquée par une tout autre activité totalement inédite. En effet, notre société de consommation est radicalement assujettie aux nouvelles technologies, à savoir ipads, smartphones en tout genre, ordinateurs portables et j'en passe, et bien nos vacances en un sens l'ont été également! Tout débuta par une annonce du guide du tourisme de l'île particulièrement alléchante: "Aliénor d'Aquitaine ancienne reine de France (Louis VII, aurait-elle divorcé?), ancienne reine d'Angleterre également (Henri II) et mère du grand Richard Cœur de Lion aurait séjourné dans un château de l'île et caché un important trésor." Il faut avouer que tomber sur son trésor relève du fantastique, une vieille légende somme toute. Les divagations vont bon train, cette dame de la cour quelque peu nymphomane, ce n'est ni l'incident d'Antioche ni son oncle qui la disculpera, doit certainement avoir reçus de nombreux présents de ses secrètes conquêtes. Elle si mécène, est une femme littéraire. Elle aime également l'expression poétique des troubadours ainsi que leur compagnie. Cette femme, en dépit de l'époque (XII ième siècle), est une femme puissante. Il ne serait donc pas étonnant de tomber sur une importante richesse. Et comment allons-nous dénicher ce trésor perdu? Avons-nous un guide? Et bien oui... Un certain pirate nommé Lazor, qui vraisemblablement serait capable de nous guider jusqu'au trésor oublié...
Rien à voir, ceci est le château de Pau illuminéNon, vous ne rêvez pas! En ce jour du 14 juillet, vous apercevez nettement une tête de mort dans ces feux d'artifices! Le pirate Lazor essaierait-il de nous prévenir d'un quelconque danger?Les arènes de Saintes
Sa démarche est simple: sur un ensemble de 8 caches il faut récolter les indices pour déterminer le lieu exact du trésor. Reformulons d'une manière plus simple: ce malicieux pirate va certainement se payer notre tête et nous faire traverser l'île pour peut-être nous laisser une chance de découvrir des chiffres indescriptibles. Qui en soit n'est pas le but ultime puisque le trésor, lui, restera bel et bien dissimulé. Ou encore, d'un point de vu plus angélique: ce cher moussaillon va profiter de cette chasse au trésor pour nous faire découvrir l'île sous une autre facette, et nous faire partager des endroits insolites pittoresques. Cette dernière version est toutefois plus sympathique et se conjugue parfaitement avec nos moments de farniente sur l'île.
Gourmandise. Vous dites?Il fallait que ce soit dit!
Mais quels sont les indices laissés par Lazor le pirate pour trouver les caches? C'est à ce moment là qu'intervient le smartphone, l'outil numérique dernière génération. Chaque cache ont été minutieusement dissimulée à une coordonnée géographique bien précise. Une fois la latitude et la longitude entrées, ainsi que la bonne application téléchargée (ce fut en définitive l'étape de loin la plus ingrate), la recherche de ces caches est devenue un réel jeu d'enfant. C'est peu de le dire, une fois la voiture garée, les membres de l'expédition se ruaient littéralement vers la cache... sans pour autant connaître l'exact lieu en question! Et perdant, finalement, rapidement patience! Des enfants, vous dis-je! La chasse au trésor prit cependant une nouvelle dimension à la découverte du premier indice...
Découverte de l'île à vélo... pur bonheur
Les dés étaient lancés, nous ne pouvions plus reculer. Le GPS du téléphone semblait opérationnel et les tout premiers ronchonnements, râles envers cet outil froidement numérique, nervosité face à notre impatience, faisaient peu à peu à place à une hystérie collective. Certaines caches, sans mentir, ont bel et bien trouvées en moins de 30 sec., d'autres ont pour peu failli être victimes de notre hâte et laissées pour contre. La patience a des limites tout de même! Mais il était sans compter sur l'importance de découvrir chaque cache, où l'inscription géographique numérotée nous mènerait indubitablement vers la cache du trésor. La persévérance a pris le pas sur l'empressement est c'est bien là l'important. Seulement, une autre leçon, non des moindres, allait peu à peu s'ouvrir à nous...
Mölkky, vous dites? Meulkoi?Alex arborant fièrement la cache de Chassiron, préalablement enfouie dans un des blocos longeant le littoral!
Quelques sites ont pour l'occasion étaient découverts. Je pense au port des salines. Le château d'Oléron a été revisité. Sur d'autres lieux, au contraire, les présentations n'étaient plus à faire: le phare de Chassiron, le port de la Cotinière, Chaucre. Mais ces lieux allaient nous réserver quelques surprises. Le phare de Chassiron pour commencer! C'était les débuts du GPS, enfin de l'utilisation du GPS par nos soins, et pour tout dire, ce dernier n'était pas assez précis. Ainsi, notre première virée se solda par un cuisant échec. Aucun indice à la clef, et les corsaires de terre faisaient dès lors pâle figure... Heureusement, que sur la route de nos aventuriers, une chaloupe mal fréquentée servait des gaufres en pleine après-midi. Une chance!
Oh, oh! Cherchez l'intrus? Il est grand rouge, sans lunettes, sans casquette, et avec un sac à dos!Allez, du nerf! Vous n'avez pas regardé le filet sur votre gauche!
L'atelier de ramendage de la Cotinière fut également d'une réelle difficulté. Au passage, ramendage signifie raccommodage, et dans cet atelier les pêcheurs réparaient, stockaient leurs filets de pêche. Comme quoi, même lors d'une chasse au trésor, nous pouvons découvrir de nouveaux mots. L'inconvénient est que le GPS nous indiquait l'atelier de ramendage en lui-même avec tous ses filets de pêche à même le sol. Et voilà que tout le monde se met à chercher aux beaux milieux des filets. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Quelle ironie! J'ai même cru, ou eu peur, que mes parents montent sur l'un des chalutiers calé sur le parking. Propriété privée, vous dites? Nullement, lors d'une chasse au trésor! Nous devinrent peu à peu une véritable équipe à la recherche de précieux indices, en quête du butin. "Cric-crac on passe à l'attaque,....Ra ra c'est nous qu'on gagnera,...Go go à nous le magot.... Yo yo de Fort Boyaux..."
Photo réalisée sans trucage... Je tenais à la souligner!Photo réalisée sans trucage... Je tenais à la souligner!
Une fois l'ensemble des caches mises à nues, la localisation du trésor était finalement percée. Par chance, nous avions présagé son emplacement près du château et conservé l'ultime indice dans le quartier juxtaposant le château. Mais quelle réflexion dites-moi! Oui, les latitudes n'avaient plus de secret pour nous. GPS toujours en main, nous nous dirigeâmes, fièrement et de bon train vers le trésor. Les ruines du château, le bord marin ajoutaient à cette fresque enchantée un caractère épique à notre aventure. Les prévisions allaient bon train concernant la nature du dit trésor: "Je vois une malle remplie de tee-shirts, peut-être à l'effigie du conseil général de l'île", risque l'un d'entre-nous. Un autre plus porté victuailles rêve d'une douce vision: "Quant à moi, je vois une table lourde, immensément grande, XIII ième siècle tout au moins, sur laquelle on aurait déposé des toasts, certainement au foie gras, et j'espère de nombreux rafraîchissements. Le pineau local serait de rigueur. Je n'ai pas pris mon chapeau et le soleil commence à me taper sur la tête". Les délires passés, nous approchâmes du but. Le GPS indiquait une petite plage enclavée et cachée à l'arrière du château. Les divagations continuaient dans nos esprits: l'un était viscéralement entré dans le jeu, "Une plage, du sable... certainement une malle à déterrer!". Un second semblait quelque peu désorienté, peut-être les abus du GPS, "Mais où se trouve la buvette?". Une troisième beaucoup moins enthousiaste, un côté bcbg marqué, "Qu'est-ce que je peux avoir mal aux pieds dans ces chaussures, moi!". A propos, le dénouement de la grille sur ce lien: http://crocodeal8.blogspot.com/2011/10/dr-bo-ms-hyde.html, vous permettrez de découvrir l'identité de cette dernière. Mais qu'est-ce que c'est?
Quoiqu'il en soit, le trésor était là. Et Père, tel un détecteur de métaux, fonça tête baissée vers une fente du mur. Certainement un sixième sens, nul ne le saura. Les regards, pleins d'attention et de convoitise, regardèrent le bras du Père s'enfonçaient avec hâte dans l'entaille du mur. Une rapide fouille et nos cœurs s'emplirent d'émotion à la longue allocution faite comme il se doit dans ces moments là: "Je l'ai!". Sacralisant ainsi la fin d'une chasse au trésor pleine de découvertes et de rebondissements.
Père, fier comme un bar-tabac à la découverte du trésor!Séance portrait en bord d'océan.-Photo! Sourires!
-Je dessinerais bien Aliénor sur l'un de ces coquillages!
-Mais qu'est-ce que je suis heureuse moi!
-Oh, Aliénor était une écologiste.
-Merci pour tout, merci aux organisateurs, très belle chasse au trésor, l'île est magnifique.
Le bond fut effectivement de taille à la découverte du soit-disant trésor. En effet, autant nous savions qu'Aliénor était reine de France, d'Angleterre, aimait les troubadours, la poésie, les écrits, les hommes également (oui, nous en savions beaucoup), autant nous ignorions qu'elle était une écologiste d'avant-garde puisqu'elle a, par exemple, interdit la pêche des crabes femelles portant des œufs. Le trésor est là devant nous. Un simple tupperware contenant quelques coquillages dont les auteurs nous autorisent gracieusement à en prendre quelques uns en souvenir de notre séjour sur l'île. Ce contenu symbolise la Nature par Excellence dont Aliénor en était protectrice. Bien sûr les visages étaient un petit peu blasés. L'enchantement de la chasse au trésor s'est radicalement envolé lors de la découverte de cette modeste boîte en plastique. Mais la Nature nous délivre un message fort, de simplicité, d'histoire, de vie. Il est vrai que quelques coquillages toastés au foie gras ou quelques St Jacques n'auraient pas été de refus, mais nous avons pris, je pense, un malin plaisir à rechercher cette modeste boîte dont le prix est inestimable.
Bob! Un autre symbole de l'îleUne antithèse... je rigoleRiquet à la houppe?

2 commentaires:

  1. Le tonton thailandais...
    Alors la !!!!!! chapeau....
    Meme les anciens tu as reussi a mettre sur linternet !!!!!!
    Tu leur a promis un gros "champignon" ou quoi ?
    En tout cas je viens de parcourir ton blog...
    Maintenant je vais le approchondisser !
    Gros bisous depui Khon Kaen
    Jean-Louis et Tim

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  2. En parlant d'anciens... Sais-tu qu'ils ont depuis qq jours l'adsl à la maison? Impressionnant, non? Enfin, l'adsl c'est bien, mais même si l'ordinateur à la maison s'en sort pas trop mal, cela revient tout de même à l'efficacité qu'aurait un boeing 740 auquel on aurait greffé des ailes de mouche. Mais les ailes se musclent petit à petit, alors...
    Bise mon tonton, bise à Tim et approchondisse, approchondisse.

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