vendredi 27 janvier 2012

A crazy way of locomotion: a Tuk-Tuk sensation

Me voilà transporté à toute vitesse, les négociations n'auront pas été longues. Le chemin est sinueux, le trafic est très intense et le danger est omniprésent. Malgré un risque certain, le conducteur de cette drôle de bascule ne semble pas gêné et redouble même d'intensité. Virage négocié de justesse sur droite, embardée contrôlée autour d'un buffle, cette personne étrangement calme fait preuve d'une dextérité à toutes épreuves. Mais son assurance ne ternit pas pour autant mon manque de confiance. Curieux, que cette sensation de penser à la sécurité quand la ceinture protectrice vous fait terriblement défaut. Je sens ainsi mon corps peu à peu se liquéfier. Pourquoi suis-je donc monté à bord? N'ai-je plus de raison de vivre? Le code de la route ici n'a pas raison d'être, ici c'est la jungle, la furie de ces automobilistes m'angoisse. La raison réside en celui qui utilise le plus souvent son klaxon! Le bruit devient insupportable, mes pensées se troublent, mais le calvaire semble juste commencer! Nous venons, en effet, de heurter une des artères centrales de la ville. Un vrai capharnaüm. Mais que diable! N'y-a-t-il pas de feux dans cette ville, ou des "céder le passage" pour respirer un court instant? Je somme le chauffeur de s'arrêter mais il ne m'entend pas, ou plutôt il ne me comprend pas. Je m'insurge contre ma stupidité. Pourquoi n'ai-je pas retenu quelques mots en hindi? Ne serait-ce ceux pour la survie, pour ma survie! J'essaie pour autant de relativiser tant bien que mal. La vitesse ne m'aide pas et je crois en une collision à tout moment. Je sais depuis ce moment précis ce que signifie vraiment le mot: "imminent"! Le trafic ne s'est pas affaibli et le chauffeur reste de marbre tel un automate. Je pense qu'il doit utiliser une sorte de technique Zen pour le guider à travers le flot, ou alors qu'il est un fan de Luke Skywalker maniant de façon prodigieuse la force. Le paysage continue à défiler à toute vitesse, je vois des images furtives, ma peur atteint des sommets! Je commence à réciter un "je vous salue Marie" pour m'apaiser... nom sanctifié... comme au ciel... une lumière accablante illumine l'intérieur de l'habitacle, ma tête tourne, le véhicule braque de façon très serrée en arc de cercle et se range le long de la chaussée. Je venais, enfin, d'arriver à destination, et penserai à deux fois si le besoin se fait sentir avant de monter dans un tuk-tuk...
Mais qu'est-ce qu'un Tuk-Tuk? Seuls les inconditionnels des pays asiatiques vous le diront. Et, il serait je pense plus prudent, de ne pas en avoir en France (cf. paragraphe précédent)! Mais alors qu'est-ce que c'est? Sans l'épisode véridique ci-dessus, vous auriez pu peut-être penser à un moustique exotique ou à un de ces parasites infectieux, ou encore à une dénomination indienne locale pour désigner un foldingue! Il n'en est rien mais vous seriez à vrai dire pas très loin... Le Tuk-Tuk est en réalité un petit bolide hybride à mi-chemin entre le scooter et la camionnette, il a pour tâche de transporter les personnes à moyen prix et à vive allure (euphémisme). Si l'on vous propose une course tukuresque, ayez le cœur bien accroché et ne craignez pas d'avoir de grosses frayeurs! Si le récit ci-dessus n'a pas été assez éloquent, je peux noircir les traits ou même ensanglanter les virages. Luke Skywalker n'a pas vraiment bien tourné et une circulation si dépendante du klaxon ne m'inspire pas grande confiance.
Non, en réalité, la course reste mouvementée certes, la chaussée n'est pas toujours parfaite, mais paradoxalement nous nous sentons en sécurité. Le mot tuk en thaï signifie économique, alors pourquoi ne pas en profiter? Ce tricycle thaïlandais motorisé (ou autorickshaw pour les indiens) avec sa carriole à l'arrière est normalement conçu pour amener 3 personnes, voire 5 dans des véhicules un peu plus grand. Nous avons testé cette dernière version à 6, et bien croyez-moi ou pas, vous vous retrouvez quelque peu à l'étroit! Et dire que nous avons vu des tuk-tuks surchargés avec ni plus ni moins 16 personnes, des petits camions à 22 et que dire des bus à près de 70 individus. Il est vrai que mon décompte reste approximatif dans la mesure où les indiens trouvent d'étranges places pour se loger! A l'arrière d'une fourgonnette, sur le toit d'un bus, sur les genoux des genoux d'un autre, à cheval d'une porte latérale, difficile donc dans ces conditions de ne pas en rater un dans le cumul! Ce descendant du palanquin s'est motorisé, a augmenté en nombre de chevaux, mais n'a pas forcément gagné en confort...
Je mentionnais un peu plus haut, qu'il serait préférable de ne pas avoir ce genre de bolide en France. Ah, malheur m'en a pris, et après 2-3 recherches rapides j'ai vu qu'une formule pour touristes est proposée sur Paris pour visiter la capitale. L'idée me paraît splendide mais peu révolutionnaire. Le tuk-tuk a troqué sa vocation de service pour finalement devenir un maillon de plus pour les tours opérateurs. Le touriste est toujours la cible principale. Anil Tuk-tuk ou Hanif Cab par exemple vous offrent des balades sur demie-journée ou sur plusieurs jours pour une moyenne de 60 euros de l'heure. Loin des 50 roupies (70 cents) mal négociées avec un chauffeur indien, la visite parisienne devient très onéreuse.
Ainsi, si par inadvertance vous vous égarez en Inde, vous ne pourrez échapper aux tuk-tuks. Omniprésents en ville, ces ninjas de la route représentent l'Inde et sont devenus un archétype du transport routier. Une fois harponné par un chauffeur, vous n'oublierez pas de marchander le prix du transport avant de monter sous peine de difficultés probables en sortie. Vous apprendrez donc quelques mots qui seront la bienvenue dans votre communication: kidne roupies (avec le roulement du "r" si particulier) pour combien ça coûte, namaste pour bonjour, dhanyavad pour merci ou encore accha pour ok. Vous tomberez certainement sous le charme de ces bolides, le tuning est de rigueur et les goûts incertains. Également et à moins de vouloir s'aventurer avec un as (fou) du volant, vous éviterez les véhicules décorés d'une série de spots lumineux sur leurs fronts. Vous remarquerez leurs différentes couleurs: le rouge-noir des Piaggio, les nouveaux modèles en vert et jaune ne passeront probablement pas inaperçus se différenciant ainsi des anciens noirs et jaunes. A noter que ce tuk-tuk moderne présente le label CNG et circule au compressed natural gas. Face à une pollution croissante, l'apparition de cette nouvelle gamme a contribué à une "certaine amélioration" de l'air ambiant. Ne soyez donc pas surpris de noter une ligne de tuk-tuks s'agglutiner aux différentes stations services. Ainsi, avec un tourisme devenu non négligeable, être chauffeur de tuk-tuk est un gagne-pain appréciable. Les sensations sont garanties, comment s'en priver quand l'option est comprise dans la course? Le déplacement est généralement rapide et efficace, vous n'avez pas de surprise au niveau du compteur, surtout que ce dernier ne marche pas. Tout comme dans une attraction à la fête foraine le prix de la course est fixée à l'avance, si vous avez le cœur bien accroché, les fesses stabilisées et le chapelet à portée de main vous apprécierez votre déplacement...
Un Tuk-Tuk version française au pied de l'hôtel Pearl Palace - Jaipur
Tuk-Tuk stylisé dans la ruelle de notre hôtel Karni Niwas - Jaipur
Auto-rickshaw à vendre sur M.I. road pour 1,5 lakhs (2100 euros) - Jaipur
Même en miniature, le Tuk-Tuk a du style!
 
L'ancêtre du Tuk-Tuk: le palanquin
 
 
 
Mieux que Mario-Kart, Tuk-Tuk racing force India
Le Tuk-Tuk, c'est un peu comme dans une fête foraine, à l'arrivée, on reprend doucement ses émotions!
Déplacement presque comme à l'indienne, à 6 dans un Tuk-Tuk!

 
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mercredi 4 janvier 2012

Super Master Aleksha India's guide

Être guide touristique n'est pas une activité facile. Et tout le monde ne peut pas s'improviser guide. Aleksha, de son nom français Alexia, nous a fait découvrir la partie nord-ouest de l'Inde, à savoir le Rajasthan, et ce jusqu'au frontière même du Pakistan! Que de visites, que de découvertes, mais pourquoi donc ce nouveau nom? En réalité, nul ne le sait vraiment! Mais en Inde, de nombreux murmures s’immiscent dans les discussions. Certains disent qu'un enfant l'aurait appelée de la sorte. Mais après d'importantes recherches, les locaux se sont rendus compte d'une possible méprise de ce nom avec l'une des lectures en vogue pour adolescents, à savoir celle d'un jeune écuyer de 13 ans placé à la cour et aspirant à plus de rêves: un bien beau conte en somme qui ne manque pas d'imagination. Pas en manque d’imagination est le moins que l'on puisse dire. Les hypothèses concernant l'origine de son nom vont bon train et tout un chacun tente de s'en approprier l'usufruit! Tantôt de façon maladroite, tantôt tirés par les cheveux, tous les moyens sont bons! Tenez, cette personne avec un long nez, soutient que son origine ne peut être que grec puisque l’étymologie même de ce nom l'est. Le français, quant à lui, n'est pas en reste. Il pousse même l'acrobatie à certifier que son origine est pur terroir. En effet, des indiens auraient surpris une discussion française en présence de notre chère guide, et auraient mal interprété l'expression: "Et avec ça?". Et d'où la confusion avec "Hé Aleksha!". Enfin, quoi qu'il en soit ce sujet est loin d'être tabou. Difficile donc dans ces circonstances d'omettre l'hypothèse la plus mystique...
Super Master Aleksha ou Yannick Noah au Taj Mahal!
Alexia, est récemment allée en stage de permaculture dans le Darjeeling, qui est une petite ville du Bengale occidental située entre le Népal et le Bhoutan. Ville perchée dans les contreforts de l'Himalaya à plus de 2000 mètres d'altitude, ce lieu est reconnu pour son thé, mais aussi pour sa vue indescriptible sur le Kangchenjunga (8586m) et par temps clair sur l'Everest (8848m)! Quoiqu'il en soit, rapportons cette histoire. Alexia, encore nommée Alexia, profitait du calme environnant et de l'une de ses pauses journalières pour savourer une précieuse eau chaude. Par cette douce journée hivernale, le cadre était idyllique: une confortable chaise à bascule, des rayons de soleil ranimant quelques doigts engourdis et une vue sur la chaîne montagneuse ne se laissant conter. Curieusement, les rayons du soleil s'éclipsaient de temps en temps derrière le plus haut des sommets, le Kangchenjunga. Mais la réapparition d'un des rayons bien plus éclatant que ses prédécesseurs fit arrêter pour un temps les activités des citadins ainsi que celles des paysans dans leurs champs. La luminosité baissa progressivement d'intensité et une feuille de thé apparut par enchantement comme tombant d'un lointain divin et zigzagant lentement au gré du vent. Cette même feuille acheva sa lente descente et tomba dans une dernière courbure au beau milieu de la tasse d'Alexia. Un moine tibétain qui avait assisté à la scène vit en cette feuille un message protecteur du Dalaï-Lama. Ce même moine a alors demandé le nom d'Alexia. Ainsi, faute de bonne prononciation, le nom d'Aleksha circule depuis sur Darjeeling planant au gré du vent. Mais, ne soyez pas pour autant surpris si un thé du même nom se retrouve commercialiser dans un futur divinement proche...       
Ainsi, pour notre séjour, nous avons non seulement un guide connaissant les étranges coutumes des indiens et la difficulté du terrain, mais nous avons aussi un réel guide spirituel! Pour notre séjour, nous avons été briefés avant notre arrivée, voici ce qu'il faut retenir et voici les règles qu'il faut bien avoir en tête:
"1/ Prendre patience
2/ Prendre patience quand on est à bout de la règle n°1
3/ Prendre patience quand on est à bout de la règle n°2
4/ Prendre patience quand on est à bout de la règle n°3
...
1001/ Sourire quand on est à bout des règles précédentes!
1002/ Et enfin mettre en condition ses 5 sens qui vont en voir de toutes les couleurs!"
Quinze jours en Inde n'a pas été de tout repos, et nous n'avons pas été ménagés. En somme, heureusement que notre guide était là. Les premières photos ci-dessous montrent les fonctions quotidiennes d'Aleksha: marchande, réjouie, conductrice, studieuse, alerte & calme, trilingue à savoir anglaise, hindi et dromadoise, docile & sévère, mentor, souriante, mais avant tout NÉGOCIATRICE! Le second lot de photos est consacré au groupe en terre inconnue et enfin le troisième lot à l'héroïne de cette quinzaine.
Un petit d'aperçu des principales villes du Rajasthan (dans l'ordre de passage: New Delhi, Agra, Jaipur, Pushkar, Jodhpur et finalement Jaisalmer)
Une ruelle où il vaut mieux avoir un guide...
Aleksha à la pointe de la technologie
Aleksha & vodaphone
Aleksha en pleine révision linguistique
Aleksha & le shopping
Aleksha négociant avec un Tuk-Tuk
Aleksha - conductrice de jeep
Aleksha & la mafia locale
Aleksha marchandant le prix des fruits
Aleksha achetant des bananes pour ses petits monkeys
Aleksha connaît définitivement les meilleurs endroits
Aleksha a des relations de confiance
Aleksha au guichet de la gare
Aleksha attend le métro au féminin
Confiance aveugle en Aleksha
Martine dialogue avec un dromadaire
Aleksha sait qu'en Inde il ne fait pas toujours chaud!
Et nous la dedans? Et bien nous survivons, euh, suivons...

Mais un guide, c'est avant tout une STAR