lundi 9 août 2010

The one you'll never see online!

La dernière note de mes aventures en terre américaine, et la dernière note dont je tairai le récit. A J-1 avant mon départ, je pris une photo de ma dernière carte postale destinée à ma chère et tendre: moyen comme un autre pour immortaliser le moment. La lettre devait arriver après moi mais ceci n'avait pas d'importance. C'est le geste qui compte en espérant bien sûr que la poste ne l'égare pas. J'avoue avoir joué de mal chance lors de mes nombreux envois de cartes ou de colis; nombreuses ont été les excuses, les plus plausibles les unes que les autres: une escale au Groendland qui gela tout transport, un pigeon voyageur mal informé, une douanière en mal de passion ne voulant se défaire de mon récit...
Les paroles figurant dans cette carte postale clôtureront donc mon séjour américain et seront peut-être un jour incorporées dans un long album photo souvenir des nombreuses aventures du Croco aux States. J'espère que vous avez aimé ces quelques récits en la matière de longues excursions dans les parcs nationaux, de chemins insolites empruntés, d'aventures fantastiques de nos amis Tic & Tac, de rencontres uniques, d'une découverte dans un premier temps difficile d'une civilisation et de ses mœurs pour je pense être mieux appréciés par la suite, d'une tentaculaire L.A. sans égale, de déserts florissants, de poèmes ardents, de montagnes vertigineuses, de plages merveilleuses... La liste est sans fin vous en conviendrez, à l'image de mes nombreux souvenirs... Merci. God bless you and God bless the United States of America.
La dite carte-postale photographiée à J-1 sur Mentone avenue représentant San Francisco et plus précisément Russian hill aka "The crookedest street"I'm coming back sweet love

dimanche 8 août 2010

VIPs au coeur de L.A.

Allez, débutons cette note avec une toute petite leçon d'anglais: V.I.P. Oui, veuillez prononcer "Vi-Aïe-Pi". Ce sigle signifie Very Important Person. Il désigne ainsi un nombre restreint de personne auquel on accorde des privilèges inhabituels, des droits souvent inappropriés dus à leur statut généralement de haute importance. Prenons un exemple concret et récent, les vols en jet privé de notre ministre Michelle Alliot-Marie en vacances en Tunisie chez le président Ben Ali. Finalement, toute personne de notoriété est considérée comme V.I.P. Ce n'est pas le footballeur portugais Christiano Ronaldo qui démentirait ce fait avéré. A propos, le Real de Madrid doit être opposé prochainement à l'équipe des Los Angeles Galaxy, et pour l'occasion l'un des terrains du campus a été réquisitionné pour un entraînement d'avant match. Habitués aux grands rendez-vous, les galacticos n'ont pas vraiment montré un réel enthousiaste envers les fans présents sur place. En réalité, ces vedettes du ballon rond sont presque passées inaperçues puisque seulement une centaine de personne s'était massée pour les observer. Un vendredi soir, à 17h, entrée gratuite, ciel bleu dominant, l'instant était-il mal choisi? Et oui, ici le soccer n'est pas roi au pays où seul règne le football dit américain!
L'illustre Christiano Ronaldo à UCLA
Parallèlement à cet événement, ce vendredi même, deux protagonistes de renom profitaient de leur séjour à Santa Barbara pour rallier Los Angeles. Ils venaient certainement de bénéficier d'une douce quiétude de quelques jours, jouissant ainsi du cadre unique de la ville, de son calme et certainement d'un de ses hôtels luxueux. Avaient-ils passé leur temps sur un terrain de golf ancré au beau milieu d'un canyon ou s'étaient-ils reposés dans un riche vignoble de la région? Nul ne le sait, ils se sont fait discrets. Richissime couple, australien de nature, ces tourtereaux ont a de nombreuses reprises brillé sous le soleil du pays d'Oz. A travers ce voyage, peut-être cherchaient-ils à suivre les traces de leur musicien d'origine Jack Jonhson. Ou bien envisageraient-ils une carrière cinématographique en outre-Atlantique, d'où leur communiqué dans la presse de vouloir visiter les studios d'Hollywood. Quoiqu'il en soit leur popularité est déjà notable. Bien plus célèbres que les rugbymen australiens, les wallabies, il sont également connus pour leur profonde affection envers les wombats (sorte de porc-épic local). Lui, agile comme un bilby (physionomie commune?), a vu sa carrière footballistique évoluée et migrée vers le modeste continent danois. Il a ainsi troqué ses palmes et son tuba pour des big boots et un bonnet. Les blonds du coté d'Arhus l'ont finalement rebaptisé Boukensen. Elle, plus délicate et légère, attention seulement d'apparence, est une surfeuse aguerrie de très haut niveau. On la compare à Layne Beachley c'est pour dire!
Vous l'aurez compris, ces deux monstres du showbizz sont de notoriété internationale et privilégient sans nul doute de l'étiquette V.I.P. Pas étonnant donc que de modestes footeux, mêmes galactiques, soient passés inaperçus. L'univers s'était momentanément arrêté de tourner, le temps de leur arrivé sur L.A. Leur visite en terre californienne était programmée depuis plus d'une année déjà. Tout avait été chamboulé pour l'occasion, programmes, festivités, destinée ou simple coïncidence, leur passage sur L.A. concordait avec mon dernier weekend sur le sol américain. Ils venaient de traverser la moitié du globe et leur soif de découverte était sans limite. Vous l'aurez compris ce séjour devait être inoubliable, VIPs dans l'âme ces deux passionnés allaient alors bénéficier d'une visite unique de la ville aux milles paillettes.
Tous réunis: Matt dit l'intrépide, Boukensen dit le danois et M-H dit la surfeuse (ou wombat)YMCA sur Hollywood Blvd
ou... Young Men Californian!
Pour l'occasion, Matt le San Franciscain, nous fit l'immense honneur de sa présence. L.A. était alors en totale effervescence. La dernière fois que la ville eut connu tel ébranlement, hormis toute secousse sismique, fut lors de la visite d'Alexia et de sa tatie Anita. Ainsi, les Very Important Persons ont droit a des traitements de faveur dus à leur rang, nulle dérogation à la règle et ces célébrités allaient goûter à une visite toute particulière de L.A. Avec le peu de temps qu'il m'était accordé, la tâche semblait ardue. Je m'en tenais donc à une règle simple celle de visiter cette ville sur-dimensionnée tout en tentant de leur nuancer ses traits et de leur apporter un point de vue plus local. La visite allait tout simplement être inoubliable...
Lunettes de soleil sur Manhattan beach
Les lieux phares se devaient d'être visités à ne pas en douter. Ainsi, après un atterrissage sur le campus de UCLA, la venue de galacticos et les regrets d'un dernier Jamba Juice (Strawberry Surf Rider pour être exact), nous fîmes cap vers le littoral et échouèrent sur Venice beach. Là, Venice usait comme à son habitude de son excentrisme. Les derniers rollers et autres surfers profitaient des derniers rayons de soleil, Venice s'éteignait petit à petit, et ce quartier à caractère hippie était sur le point de s'endormir. Les skaters nous offraient leurs ultimes acrobaties alors que la fraîcheur de la nuit se faisait déjà sentir. Promesse d'un weekend sous l'effigie V.I.P., nous nous laissâmes tenter par le restaurant japonais par excellence de Venice: Hama sushi (http://www.hamasushi.com/). Le verdict fut bien entendu sans appel, les rouleaux de maki sont particulièrement colorés, soignés et appétissants. La touche californienne nous aura finalement conquis. Dans cette même soirée, je leur fis visiter le petit centre-ville de Culver City, en effet un brin de civilisation à l'européenne est si revitalisant dans cette ville. Dès cette première soirée, les touristes auront doré déjà pu côtoyer le caractère atypique de cette ville, de ses habitants et la visite ne faisait que commencer.
Jamba Juice: plus qu'une passion, une addiction
Le lendemain matin, après avoir essuyé un embouteillage coutumier sur le freeway 405, nous fîmes cap en direction de Malibu en empruntant le PCH. Là, je vous fais grâce des épisodes crèmes de bronzage et autre tires à la Beckam, disons que pour faire simple la journée plage se déroula sans escarmouche. On notera simplement: une triste perte de "la" balle, un PV devenu routinier pour Matt, une vague dévastatrice, 4 burgers de circonstance au restaurant incontournable Neptunes Net, de nombreux coups de soleil, une soirée organisée VIP sur le Sunset boulevard. Petite parenthèse également de circonstance, sur 3 lieux visités j'aurais réussi à discuter de 3 lieux de restauration. J'avoue le sujet n'est pas tabou. J'éviterai alors dans les prochains paragraphes de faire l'once d'une allusion sur le restaurant italien chic de Beverly Hills ou le coréen renversant de Santa Monica.
Partie de football sur Malibu beach
Il est vrai que l'heure n'est pas à la restauration, mais il est à la visite. Les nouveaux pensionnaires de L.A. réclamaient un bain de foule en la visite du quartier d'Hollywood, ils allaient être servis. Au beau milieu de cette cohue, les étoiles au sol du célèbre walk of fame ont vraisemblablement une portée infantile sur notre comportement. C'est un fait, vous parcourez cette rue, et vous aurez la fâcheuse tendance à vouloir poser ou mimer l'une de vos stars favorites: Woody Allen pour les plus inspirés, Schwarzenegger pour les plus californiens, Marilyn Monroe pour les plus glamours, ou encore Jimi Hendrix pour les plus rockers. Le constat est triste pour nos célébrités australiennes, pas de Jack Johnson sur le sol et une rue gorgée de monde sans réel intérêt.
Gilbert Montagnier sur Hollywood?M.J. RIP (25 Juin 2009)Qui sera capable d'apercevoir les lettres d'Hollywood?
Ce passage sur Hollywood aura cependant eu le mérite de rendre plus attrayant les quartiers résidentiels de Beverly Hills et sa célèbre rue Rodeo Dr. devenue mythique depuis la réalisation du film pretty woman. Los Angeles est une ville de contraste, certains quartiers sont pauvres d'autres immensément opulents, certains sont vivants d'autres beaucoup plus reposants. L'erreur, je pense, aurait été de visiter tous les lieux branchés, agités. En ce sens, cette ville aurait laissé un visage très négatif, souvent mal organisée et oppressante. Le dépaysement aurait été total mais terriblement éreintant. Ainsi, en jonglant d'une place clichée à un endroit plus retranché, la visite a le don de rendre plus contrastée l'impression de nos visiteurs.Le sentiment de proximité avec cette vie californienne prit définitivement forme lorsqu'en fin d'après-midi nous nous avançâmes sur le front d'océan de Manhattan beach. Elles sont loin les bousculades d'Hollywood, oublié le trafic routier surréaliste, ici, les habitants se plaisent de cette vie retranchée. Le contraste est saisissant, le calme impassible en ces lieux est seul maître. Il m'est difficile de quitter ces lieux un à un, de les revisiter, mais je suis si heureux de pouvoir les partager et de les apprécier sans cesse. Les VIPs auront je l'espère vécu le temps d'un weekend en plein cœur de L.A. L'idée était d'éviter les visites clichées tout en savourant les lieux les plus insolites de cette ville. Les australiens auront vu beaucoup de similitude avec leur pays d'Oz même si cette vie américaine contrastée les aura finalement agréablement surpris.

mardi 3 août 2010

Venice sounds like a good bye for me!

Venice, comme à l'accoutumé, semble bel et bien agitée. Les rires, les cris, les couleurs, l'effervescence coutumière, rien ne manque mais pourtant tout à changer. J'arrive sur mes dernières semaines à L.A., et ce passage sur Venice retentit comme un mélancolique "au revoir". Comment en suis-je arrivé à regretter cette partie précise de L.A.? Qui l'aurait cru? Certainement pas moi en tout cas...
  Venice n'a véritablement pas le faciès d'un quartier où il fait bon vivre. Lieu véritablement pauvre, il est prisé par les clochards, les acrobates pour un sous, ou autres vendeurs de disques. Le bord d'océan n'a pas réellement d'attrait, souvent mal aménagé il est cependant quotidiennement gorgé de monde. Quartier extravagant dans une ville de paradoxe, il est l'un des symboles forts de L.A. Vous en conviendrez, la description peinte de ce quartier n'a rien de flatteur, et c'est ce qu'il le rend encore plus insolite à mes yeux. J'estime, et ce au même titre que cette ville, qu'en son contact, on commence à ressentir le rythme de vie, à mieux comprendre cette civilisation et finalement en un sens à l'aimer. Et pourtant, à l'origine, Venice était bel et bien l'endroit où je me sentais le plus loin de chez moi. La raison? La raison réside je pense dans l'excentricité de cet endroit. Autant le dépaysement vous ressource et vous apporte un bien-être en période de vacances, autant seul et à l'autre bout du monde il vous isole et vous rend malade. Malade de vous retrouver si seul, malade de ne pas contrôler votre quotidien. La découverte a un prix, celle de l'interrogation.
Après des débuts difficiles, je me suis hâté à retrouver des activités qui me réconfortaient, à reconstruire des scènes perdues de mon quotidien, et Venice, alors, ne figurait pas dans mes plans. Je venais inconsciemment de chasser l'idée de ce lieu de ma tête; ce ne fut qu'une retraite passagère. Sport, bibliothèque, cinéma, un nouveau chez soi et une amoureuse présente dans mon cœur ont été mes lots quotidiens et m'ont permis de m'établir malgré la distance. Une fois installé, et me sentant mieux dans mes baskets, façon de parler, les longues séances de footing le long de l'océan avec un départ depuis Venice furent mes premiers pas vers une réconciliation de ce dit lieu.


 
Venice fut progressivement mon point de repère pour gagner rapidement le bord d'océan. Et même si je préférais Manhattan beach pour son calme et son côté bien nanti, Venice finalement m'apporta cette once de liberté, de sentiment de vacances inespéré en plein cœur de L.A. A un Venice aux teintes de vacances, vous lui ajoutez son quartier reculé, véritable havre de paix avec ses canaux, et une rue Abbot Kinney riche en festivité et en restaurants, vous aurez alors un tel panel, une telle diversité qu'il serait absurde de ne pas en profiter. Cette dernière visite de Venice n'avait donc pas la même saveur. Finis ces moments de complicité, achevée cette loufoque frénésie, l'instant n'était pas à l'amusement. Et en cette fin de journée, les artisans rangeant leurs bric-à-bracs et abaissant leurs stores ajoutèrent une dose de nostalgie à ce parterre déjà bien terni. Mon regard, souvent porté vers l'avant, ne tenait plus pareil posture. Mon pas, pourtant à l'ordinaire rapide, se faisait plus hésitant. Le doux rythme des tam-tams et les yeux fixant une dernière fois l'océan vinrent conclure ces longs moments de complicité. Mes adieux venaient d'être faits.