Ceci est pure ironie: le désert et les différents canyons que nous pouvons admirer de nos jours doivent leur splendeur à un travail inépuisable de l'eau. Sédimentation, érosion, je vous épargne un remix de la formation de Bryce canyon, mais, et paradoxalement en ce mois de juillet, l'eau sera le fil conducteur de ce weekend. Les deux derniers jours de ce weekend prolongé, finalement "independance day" nous souffle un vent de liberté, auront pour fonction d'explorer plus en détail le parc de Zion.

Je vous jure, mon intention n'était que de prendre la cascade en photo, le modèle s'y est attachée d'elle même!
Zion était en effet le premier parc que nous avions visité lors de notre ancien périple autour du grand canyon. Enfin, la visite fut si courte, une petite après-midi en somme, que nous nous promîmes de refouler ces terres. J'espère ne pas me répéter mais ce parc a des allures de Jurassic park dans la mesure où pour accéder aux sentiers il faut monter dans un bus (shuttle) qui nous conduit ensuite point par point aux différents lieux voulus. Voix émanant d'un enregistrement contant l'histoire de la vallée que nous allons emprunter, les différents sites et leurs spécialités sont détaillés un à un. Zion human history museum, canyon junction, court of the patriachs, zion lodge, the grotto, weeping rock (qui est en fait la balade que nous avions partiellement domptée la dernière fois), big bend, temple of sinawava, sont les différents lieux à s'attarder. Notre objectif de ce samedi est le terminus du bus et ainsi le temple of sinawava.
Vous n'allez pas me dire que cette jeune femme ne remonte pas son short intentionnellement entre autre pour la photo!

En fait, le shuttle longe la vallée et suit le cours de la rivière (virgin river). En fond de canyon, le cours de la rivière s'élève progressivement dans les interstices du plateau. Mais qui dit canyon, dit chemin étroit, et qui dit rivière et ascension, dit torrent cloîtré au beau milieu d'immenses murs rocailleux. Pour faire simple, la balade ne peut se faire sans être mouillé! A certains endroits l'eau atteignait le bas de mon bassin, soit 2 à 3 feet de profondeur (bien 1 mètre d'eau). Entre les personnes qui se promènent avec précaution cherchant à se mouiller le moins possible, et les autres qui ont finalement compris les joies de l'eau et se sont équipés pour l'occasion en conséquence: claquettes (même si ce n'est pas les meilleurs souliers que des pieds peuvent espérer) et l'indispensable maillot de bain, la balade bien que plus lente qu'à l'accoutumée reste fort sympathique.


Le photographe défie toute gravité ou Matt se joue-t-il des éléments? Bref, je ne sais plus j'avais la tête à l'envers!
Le spectacle de cette randonnée unique est ces différents flancs de falaises nommés à juste titre: wall street. Les blocs de roche s'érigent à la verticale. Il est également intéressant de noter le travail du cours d'eau ondulant et courbant les formes de la roche, allant jusqu'à créer parfois des semi-tunnels. La promenade cependant s'écourte au bout de 4 miles (pour tout dire nous n'avons même pas atteint ce point) puisque le niveau de l'eau devient de plus en plus contraignant, et que plus haut dans ce canyon les conditions nécessitent une préparation physique et vestimentaire de conséquence. Les brochures alertent effectivement les touristes sur la possibilité de montée rapide des eaux, déconseillant tout simplement toute excursion dans ces conditions. Mais bon, côté sécurité, toute excursion, bien que plus ou moins périlleuse soit elle, est sous votre entière responsabilité. Je me sens rassuré!
Matt, l'un de mes meilleurs modèles! Quelle inspiration!
De rien Matt, si je peux aider à rendre une photo étincelante... je n'hésite pas.
Ainsi 4 miles de faible ascension sont autorisés. Plus haut, le canyon est accessible par le nord, sous réservation et combinaison appropriée, dans une balade dans le sens du courant. Un départ depuis Chamberlain's ranch gate et vous pouvez gagner le contre-bas du torrent après plus de 12h de promenade. Ainsi, nombreux espaces pour camping sont facilités plus en amont. Imaginez-vous partir 2 jours dans ce canyon, vous voudriez certainement que les conditions météo soient des plus clémentes. Vous ne souhaiteriez en aucun cas, vous réveillez au beau matin faisant du radeau avec votre pauvre tente!
Matt et the wall of street. Une légende!
Après Horseshoe bend, Grand Canyon et Sedona, mon coeur, Alexia, est également gravé à Zion
Le retour fut beaucoup plus expéditif, nous voulions en effet tenter de sécher nos chaussures. A défaut de chaussures toujours trempées, j'ai pu m'assoupir un moment le long cette fois-ci de la rivière plus en aval. A fortiori l'eau ça calme! La soirée se conclut tranquillement, dans un premier temps sereinement avec une douche tant attendue, et par la suite avec une nouvelle expérience anthropologique: un mini concert de country de Paola et Joe Ferrero.


Le lendemain, jour de notre retour, nous décidâmes en connaissance de cause de s'attaquer à la périlleuse ascension d'Angels landing. Périlleuse non pas part sa difficulté, car nous sommes arrivés au point critique de la promenade en moins d'une heure, mais périlleuse dans la mesure où si vous faites un mauvais pas, vous pouvez dire adieux au fascinant monde qui vous entoure! En effet, l'étroit sentier gagne le sommet sur 0.5 km avec des flancs de falaises, parfois de part et d'autre, vertigineusement verticaux! La question que tout le monde peut se poser: la Vie vaut-elle d'être mise en mode roulette russe le temps d'une ascension? Nous l'avons entreprise sur quelques dizaines de mètre, les sensations de vertige de Matt auront eu raison de cette balade, mais auront surtout été une preuve de sagesse sans égale. Une modération qui nous aura certainement sauvé la vie. Puisque Alexia m'avait sermonné de rentrer vivant, et que le passage à double flanc de falaise m'avait également refroidi, je n'ai pas insisté. En mon sens la sagesse a plus de valeur que la déraison, et la pensée de l'homme est l'une de ses valeurs souvent non sollicitée au profit de l'insouciance. Enfin, entre une dernière ascension de 20 min et un retour de 8h en voiture, je ne sais pas dans quelle mesure le danger ne serait pas cent fois plus important sur ces maudits freeways californiens... et que dire de 2 années à L.A...

A ce moment là, j'avoue mon appareil était déjà rangé! (photographie de Joe Braun)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire