vendredi 4 mai 2012

La nouvelle route des Indes

Tout le monde a entendu parler de l'ouverture maritime des Indes pour ses épices par Vasco de Gama. Cette vaste expédition a marqué le début de l'empire colonial portugais riche en transactions commerciales. L'inde a par la suite était pillée, saccagée et enfin délaissée au profit d'une indépendance nationale. Pour autant, aux vues de la croissance économique du pays et de l'effervescence qu'ont les entreprises étrangères à investir de nos jours, la route des Indes, jadis ouverte au XVième siècle, semble bel et bien connaître un regain d'intérêt...
Gurgaon est une ville au sud de Delhi qui est devenue en l'espace de 10 ans un centre industriel et des affaires monumental. De par la proximité de l'aéroport de Delhi, nombreuses sont les multinationales à s'y être implantées: American Airlines, Bank of America, IBM, Microsoft, Nokia etc. Certaines villes, telle que celle de Pune (proche de Mumbai) connue pour ses temples, est devenue une ville champignon. En effet, son essor est tel que cette agglomération croît à vue d’œil. Depuis 2005, les entreprises affichent une progression annuelle de 25 %. Pas étonnant alors, que la plupart des investisseurs cherchent à prendre le train de la croissance. Après les technologies de l'information et de la communication, ce sont les industries de la consommation qui sont en vogue: automobile, énergie, pharmacie. Les marchés ferroviaires, éoliens et de protection électrique sont également porteurs. Vous n'êtes pas sans savoir que la France s'accapare également d'un part du gâteau en la réalisation de rafales (Dassault) ou de mirage 2000 (Thales). Avec le Pakistan tout proche qui frise l’ébullition, il serait en effet dommageable de ne pas profiter de la situation!
Cependant, après un passage éclair de 15 jours au Rajasthan, il nous est difficile de comprendre pourquoi les investisseurs placent leur argent dans ce pays, pourquoi les entreprises s'y installent et comment ces dernières peuvent-elles réussir en Inde? En effet, nombreux sont les facteurs en Inde qui empêchent une entreprise de progresser. Citons l'attitude des indiens par exemple: la "Ganesh attitude". Celui qui arrive en Inde avec de la patience la perdra. Et celui qui n'en a pas, l'apprendra. Vous pouvez ajouter aux facteurs gênants une compétitivité indienne bridée par la bureaucratie. Et rien ne vous servira de la bousculer! L'état de la route est déplorable. En conséquence, la vitesse moyenne pour un déplacement d'un camion est de 11 kms/h. Il faut également imaginer l'Inde et ses 28 états à l'échelle de l'Europe. De plus, il y a autant de différences, sinon plus, entre certaines langues ou cultures qu'entre celles d'un portugais et d'un finlandais. Il faut également savoir que les indiens ne savent pas dire non, mais ce n'est pas pour autant que le service sera rendu. En témoigne ce vieux recueil de fables (le Panchatantra) dont les personnages ne disent jamais non mais n'en font qu'à leur tête!
Malgré ces obstacles importants, les investisseurs ainsi que les entreprises continuent à affluer. Pour réussir en Inde, il faut produire en Inde (made in India). C'est le marché intérieur qui dicte sa loi, celle d'une économie où le PIB par habitant ne dépasse pas 3500 $. L'économie de la frugalité est dominant. Les paysages indiens changent rapidement, les villes champignons poussent inexorablement bouleversant la vie de nombreux indiens et augmentant le clivage sociale entre les castes...      

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