Alors, nombreux d'entre vous m'ont récemment demandé ce que je faisais à UCLA (University of California of Los Angeles), m'interrogeant sur la thématique et la finalité de l'étude de recherche que j'exerce (enfin, dans le cas où la thématique fut plus ou moins bien assimilée, des questions sur la finalité ont été émises).
De ce fait, je qualifierai ce post de "post science", ainsi, si vous vous attendez à voir de magnifiques panoramas, d'ineffables plages ou encore de récits exotiques... et bien vous arpentez une bien délicate pente, sachez-le. Néanmoins, l'idéal serait de faire le vide en vous, de prendre une profonde inspiration, de se dire que ce n'est qu'un agréable moment à passer et qui c'est? (c'est tout à votre honneur que de poser de telles questions) Je vais tenter de décrire mes travaux de recherche d'une façon la plus souple possible et d'une manière plus matérialiste. Bonne lecture...
Tout bonne entreprise qui se respecte doit faire face à la concurrence, produire, vendre, voir innover. Le monde de la recherche n'échappe pas à cette règle, et travaille en étroite collaboration avec le monde de l'industrie. Un secteur porteur et développé dans mon groupe actuel (Material Science & Engineering) est celui des batteries, et plus précisément les micro-batteries en vue d'une adaptation dans les systèmes électroniques: ordinateurs, portables cellulaires etc.
Face à la demande du marché, vous l'aurez donc compris, mon objectif est de développer des batteries présentant des propriétés spécifiques améliorées: on parlera de densité énergétique, de vitesse de transfert, mais laissons ces notions de côté, propre au jargon des physiciens. Dans mon cadre de recherche, je me suis focalisé sur 2 points peu développés amenant à une augmentation considérable des propriétés premières. Un point orienté chimie, un second plus de design, on parlera alors de dimensionnalité.
Auparavant, vous en doutez, et vous n'y échapperez pas! Petit briefing sur la notion de batterie: de quoi est composé une batterie et grossièrement comment ça marche? Généralement, une batterie est composée de 2 électrodes Anode et Cathode séparées par une phase solide ou liquide appelée électrolyte. Le rôle essentiel de ce dernier est de conduire les ions d'une électrode à une autre, et de façon réversible, on parlera alors de charge et de discharge, critère indispensable dans la notion de batterie, la différenciant d'un simple accumulateur = pile. A l'anode est observée un phénomène d'oxydation avec libération d'électrons, ces derniers circulent dans le circuit intégré approprié. Par conséquent, à la cathode est observée le phénomène de réduction avec consommation des électrons, et les ions en général lithium transitent de l'anode vers la surface cathodique. C'est le phénomène de discharge. En forçant, les ions à revenir à l'anode, de ce fait la réversibilité du système est un critère essentiel, on charge la batterie, celle-ci est à nouveau opérationnelle.
Les balbutiements étant intégrés, place à la Science! Le premier challenge de mon travail est d'adapter des produits chimiques (inorganiques) dans l'utilisation de batterie. En effet, il faut savoir que, pour augmenter les capacités d'une batterie nombreux paramètres peuvent être ajustés: nature des électrodes (ainsi des réactions d'oxydo-réduction), nature de l'électrolyte (jouant sur les vitesses de transfert et donc minimisation des pertes d'échange), ou encore nature des dérivés chimiques dissouts dans l'électrolyte. Je vous laisse de côté, des notions abstraites liées à la chimie, mais sachez simplement que plus le composé utilisé dans les batteries est léger (poids moléculaire), plus la densité énergétique est grande. Également, plus il y a d'électrons mis en jeu, et plus la densité est importante. Ainsi, les dérivés à base de soufre: polysulfide sont de prometteurs candidats.
Sachez maintenant que, en général, les batteries sont des systèmes plans: électrode-electrolyte-electrode, autant dire un système 2D (2 dimensions). Maintenant, si vous voulez augmentez les vitesses d'échange, vous pouvez jouer sur le caractère dimensionnel, c'est-à-dire la morphologie des électrodes (de la batterie à vrai dire) en augmentant les surfaces d'échange, les surfaces spécifiques. Un moyen simple, réalisé dans le groupe, pour parvenir à ces fins, est de visualiser non pas la batterie en 2 dimensions, mais de se la vigurer en 3D. Ainsi, au lieu d'avoir des échanges uniquement à la surface d'une plaque métallique (2D), ces derniers seront améliorés, amplifiés. L'un des systèmes le plus développé, est de construire des électrodes en bâtonnets (on parle de skyscrapers) avec un certain diamètre, hauteur et densité des plots. Ces derniers sont imprégnés dans un électrolyte et les échanges en sont grandement accrus.
Pour les lecteurs indisciplinés, les bavards du fond de la classe, sachez que vous devez ce post à Alexandre (bisous le couz) et tonton Bizu (bisous le gros)... enfin je sens que les prochaines questions seront plus cotons...
De ce fait, je qualifierai ce post de "post science", ainsi, si vous vous attendez à voir de magnifiques panoramas, d'ineffables plages ou encore de récits exotiques... et bien vous arpentez une bien délicate pente, sachez-le. Néanmoins, l'idéal serait de faire le vide en vous, de prendre une profonde inspiration, de se dire que ce n'est qu'un agréable moment à passer et qui c'est? (c'est tout à votre honneur que de poser de telles questions) Je vais tenter de décrire mes travaux de recherche d'une façon la plus souple possible et d'une manière plus matérialiste. Bonne lecture...
Tout bonne entreprise qui se respecte doit faire face à la concurrence, produire, vendre, voir innover. Le monde de la recherche n'échappe pas à cette règle, et travaille en étroite collaboration avec le monde de l'industrie. Un secteur porteur et développé dans mon groupe actuel (Material Science & Engineering) est celui des batteries, et plus précisément les micro-batteries en vue d'une adaptation dans les systèmes électroniques: ordinateurs, portables cellulaires etc.
Face à la demande du marché, vous l'aurez donc compris, mon objectif est de développer des batteries présentant des propriétés spécifiques améliorées: on parlera de densité énergétique, de vitesse de transfert, mais laissons ces notions de côté, propre au jargon des physiciens. Dans mon cadre de recherche, je me suis focalisé sur 2 points peu développés amenant à une augmentation considérable des propriétés premières. Un point orienté chimie, un second plus de design, on parlera alors de dimensionnalité.
Auparavant, vous en doutez, et vous n'y échapperez pas! Petit briefing sur la notion de batterie: de quoi est composé une batterie et grossièrement comment ça marche? Généralement, une batterie est composée de 2 électrodes Anode et Cathode séparées par une phase solide ou liquide appelée électrolyte. Le rôle essentiel de ce dernier est de conduire les ions d'une électrode à une autre, et de façon réversible, on parlera alors de charge et de discharge, critère indispensable dans la notion de batterie, la différenciant d'un simple accumulateur = pile. A l'anode est observée un phénomène d'oxydation avec libération d'électrons, ces derniers circulent dans le circuit intégré approprié. Par conséquent, à la cathode est observée le phénomène de réduction avec consommation des électrons, et les ions en général lithium transitent de l'anode vers la surface cathodique. C'est le phénomène de discharge. En forçant, les ions à revenir à l'anode, de ce fait la réversibilité du système est un critère essentiel, on charge la batterie, celle-ci est à nouveau opérationnelle.
Les balbutiements étant intégrés, place à la Science! Le premier challenge de mon travail est d'adapter des produits chimiques (inorganiques) dans l'utilisation de batterie. En effet, il faut savoir que, pour augmenter les capacités d'une batterie nombreux paramètres peuvent être ajustés: nature des électrodes (ainsi des réactions d'oxydo-réduction), nature de l'électrolyte (jouant sur les vitesses de transfert et donc minimisation des pertes d'échange), ou encore nature des dérivés chimiques dissouts dans l'électrolyte. Je vous laisse de côté, des notions abstraites liées à la chimie, mais sachez simplement que plus le composé utilisé dans les batteries est léger (poids moléculaire), plus la densité énergétique est grande. Également, plus il y a d'électrons mis en jeu, et plus la densité est importante. Ainsi, les dérivés à base de soufre: polysulfide sont de prometteurs candidats.Sachez maintenant que, en général, les batteries sont des systèmes plans: électrode-electrolyte-electrode, autant dire un système 2D (2 dimensions). Maintenant, si vous voulez augmentez les vitesses d'échange, vous pouvez jouer sur le caractère dimensionnel, c'est-à-dire la morphologie des électrodes (de la batterie à vrai dire) en augmentant les surfaces d'échange, les surfaces spécifiques. Un moyen simple, réalisé dans le groupe, pour parvenir à ces fins, est de visualiser non pas la batterie en 2 dimensions, mais de se la vigurer en 3D. Ainsi, au lieu d'avoir des échanges uniquement à la surface d'une plaque métallique (2D), ces derniers seront améliorés, amplifiés. L'un des systèmes le plus développé, est de construire des électrodes en bâtonnets (on parle de skyscrapers) avec un certain diamètre, hauteur et densité des plots. Ces derniers sont imprégnés dans un électrolyte et les échanges en sont grandement accrus.
Pour les lecteurs indisciplinés, les bavards du fond de la classe, sachez que vous devez ce post à Alexandre (bisous le couz) et tonton Bizu (bisous le gros)... enfin je sens que les prochaines questions seront plus cotons...
Bon je vais pas te poser une question sur les électrolytes, même si ça m'intéresse vu que je bosse dessus, mais sur les électrodes. Si ça augmente fortement les échanges de les mettre en batonnets, ne serait-il pas judicieux d'envisager une forme permettant encore plus de surface comme une sorte de matériau poreux ? Si tu crées des cavités où l'électrolyte peut se répandre, n'augmentes-tu pas encore plus les échanges ? Et pour réaliser ça pourquoi pas une mousse que tu pourrais par exemple réaliser en milieu supercritique ? (c'est pas comme si c'était pas à la mode en plus ;))
RépondreSupprimerOu sinon une petite mousse polyuréthane avec un coating du métal que tu souhaites (ça j'suis pas sur que ce soit possible par contre..) ?
Enfin bon, j'ai aucune idée de si c'est réalisable ou pas, mais bon ce serait pas mal je crois.
Haha je ne voulais pas être trop précis sur la question, mais sache qu'il existe d'autres matériaux 3D autre que des formes bâtonnets. De ce fait, et c'est bien pensé de ta part, il existe déjà des matériaux poreux avec de grandes caractéristiques, des xérogels de V2O5 par exemple. De là à augmenter encore plus les propriétés, il est très difficile de prévoir à l'avance, nombreux paramètres entrent en vigueur: l'un d'eux est l'accessibilité aux pores.
RépondreSupprimerL'histoire du coating est très développée, enfin je dirais plutôt, qu'il présente de nombreux intérêts mais aussi de nombreux problèmes: à savoir que le coating est utilisé premièrement en tant revêtement et protection de la surface électrode, cependant ce dernier doit être uniforme, doit préserver les propriétés de conduction ionique, et enfin neutre vis-à-vis des réactions d'oxydo-réduction.
Je trouve tes remarques plus que pertinentes :)
Ouhla oui si on rentre dans des considérations d'ordre électro-chimiques, là je suis perdu. Par contre, je maintiens l'idée de mousse par supercritique. Si tu prends une électrode actuelle, efficace et que t'arrives à la faire mousser par supercritique (même un tout petit peu) et que tu perces les cellules de la dite mousse, alors avec un électrolyte capable de s'infiltrer dans les pores (ça se fait, c'est du polymère la plupart du temps, suffit de faire fluer ça), et bah hopopop tu combles tes cellules et alors la surface est démultipliée. Théoriqement je ne pense pas qu'il y ait de problèmes.. bon après dans la pratique, évidemment chaque étape est un boulot de plusieurs mois, mais bon ^^
RépondreSupprimerLe coating j'y crois moins.. c'était plus histoire de la tenter qu'autre chose. C'est clair que tu rajoutes un paquet de problèmes par rapport aux trucs existants...