samedi 14 avril 2012

A long historical Monuments' tour in Rajasthan

Nous venions de passer un long mois en mer. Quelle horreur! Le voyage avait été interminable, dangereux et particulièrement houleux. Ayant rencontré de multiples tempêtes, l'embarcation avait subi de nombreuses avaries. Les vivres n'avaient pas été prévues pour une si longue traversée, mais l'équipage affaibli se portait miraculeusement bien. Parmi tous ces matelots, nous arrivâmes, tant bien que mal, exténués mais ravis. L’Atlantique n'aura pas eu raison de nous, pour cette fois du moins. L'ancre fut jeter à proximité du rivage, nous posâmes enfin pieds à terre. Nous venions de fouler une contrée lointaine, une terre de toutes les conquêtes. Nous étions finalement arrivés en Inde!
Dès le lendemain, après une excursion furtive en tuk-tuk, nous prîmes le métro de Delhi avec ses rames réservées pour la gente féminine. Nous, pauvres homo sapiens contraints à l'étouffement et aux bousculades, prîmes notre mal en patience pour gagner le sud de la ville. Là, et à quelques encablures de la sortie du métro, s'érigeait la tour Qutb-Minar culminant à 72,5 mètres d'altitude. Le site était magnifique bien qu'une horde de joyeux galopins fourmillait à travers les ruines. Nous sommes en 1202 et Qutbu'd-Din Aibak commence les travaux de cette tour, elle deviendra un symbole fort de la victoire islamique sur les rajpoutes. Le complexe Qutb-Minar est très riche: une pure merveille pour tout amateur en archéologie. Les vestiges de la mosquée Quwwat-ul-Islam consistent en une cour, des cloîtres et une salle de prière. Les ornements y sont nombreux. Le portail Alai Darwaza et la tour Qutb-Minar sont de pures merveilles de l'art islamique. L'alliance du marbre blanc et de la brique rouge épurent les couleurs et ornent les constructions. La tour Alai Minar, quant à elle, dénote de par son histoire. Elle n'aura en effet jamais atteint la taille surdimensionnée de deux fois celle de Qutb-Minar, mais aura vu sa construction stopper dès le premier niveau...
Aventuriers aux pas décidés au devant de la tour incomplète Alai Minar (Sud Delhi)
Au pied de la tour Qutb-Minar haute de 72,5 mètres (Sud Delhi)
Après un retour sur New Delhi et un saut dans le temps puisque nous sommes désormais en 1565, nous faisons face à une curieuse construction, un étrange mausolée qui peut vous paraître quelque peu familier, le tombeau d'Humayun. En liant l'architecture avec l'histoire de ce site, Haji Bégum sa femme, aurait édifié ce mausolée en grès rouge et en marbre blanc en l'honneur de son défunt mari. Vous ne pouvez que penser au célèbre Taj Mahal. Vous auriez raison puisque l'architecte du Taj se serait inspiré de ce tombeau. Caractéristique de l'art moghol avec ses arcades et son dôme, ce bâtiment est en effet le premier d'une longue série de tombeaux impériaux. Pour l'heure, nous nous délectons de l'instant présent et avons un avant goût de ce que pourrait être le Taj Mahal. En ce même moment, la luminosité autour de nous se ternit tristement. Les rayons du soleil ont de plus en plus de difficulté à se frayer un chemin. La brume impassible s’immisce rapidement et enveloppe le site d'une atmosphère devenue bien humide.
Le tombeau d'Humayun sous une brume de fin de journée (New Delhi)
Le lendemain matin, toujours enjoués de notre belle visite de la veille, nous recherchons la plus grande mosquée de l'Inde. Nous sommes en 1658, la mosquée Jama Masjid vient d'être construite. Cette immense mosquée en grès rouge, orgueil de l'architecture moghole, se dresse en face du fort rouge près du quartier populaire Chandni Chowk. Tôt ce matin, nous explorons la vieille ville. Elle si bouillonnante et suffocante à la fois semble toujours endormie. Mais comme chaque matin, la brume a tôt fait de s'effilocher laissant le bazar indien ambiant reprendre du service. Enfin, loin d'être fâchés contre un bain de foule inexistant, nous goûtons pour la dernière fois à quelques spécialités bien huileuses avant de s'esquiver pour une longue route à travers l'Uttar Pradesh. Vous connaissez surement mon point de vue sur toutes les escapades routières que nous avons vécues ainsi que sur la conduite indienne: épiques!
Jama Masjid est la plus grande mosquée de l'Inde (Old Delhi)

Une fois sur Agra, ville où réside le Taj Mahal, nous ne pensions qu'à une seule chose: contempler ce magnifique mausolée. En ce jour de 1648, le Taj Mahal est finalement terminé. Ce bâtiment construit sur l'ordre de l'empereur moghole en mémoire de son épouse Mumtaz Mahal est l'une des merveilles du monde. Les vacances ne sont pas toujours de tout repos et nous ne pouvions pas rater les couleurs chatoyantes d'un lever de soleil sur une telle beauté. Bravant les 8h de trajets de la veille, une chasse de moustiques à pas d'heure, un logis -3 étoiles, un dortoir non chauffé et particulièrement humide, ainsi qu'un lever difficile à l'aube, rien ne pouvait ternir notre motivation! Excepté peut-être un facteur climatique assez récurent en cette période de l'année en Inde: le brouillard. Le Taj était là face à nous. Nous venions de parcourir la moitié du globe et ce brouillard d'une rare épaisseur nous voiler toute visibilité. Quelle ironie! Qu'allons nous répondre à noter retour? "Avez-vous vu le Taj Mahal?" "Euh, comment dire... oui... en un sens... nous étions sans voix, cela reste un lieu indescriptible! Nous étions littéralement aveuglés par tant de splendeur. Je vous le recommande lors des premiers rayons de soleil au matin d'un 21 décembre." Dans notre malchance, nous serons finalement récompensés en fin de journée lors d'un retour sur le site permis par une négociation rondement menée par notre intrépide guide Aleksha. Après l'épais brouillard persistant, la fraîcheur et l'humidité palpables, les contours fantomatiques du mausolée, les spectres des cyprès bordant les allées d'une matinée en période glaciaire, notre regard a découvert une magnificence céleste peinte et décorée par les rayons du soleil. Finalement, nous pourrons nous vanter d'être aller voir par deux fois le Taj Mahal. Entre ces deux visions diamétralement opposées, nous avons pris un grand plaisir à visiter un autre chef d’œuvre de la ville. Nous sommes en 1565 et l'empereur Akbar décide de construire un fort à Agra. Le raffinement de l'art moghol fait alors place à la puissance de l'empire moghol. Les remparts hautes de plus de 20 mètres montrent que les mogholes de l'époque étaient particulièrement grands, la périphérie de l'enceinte creusée en fosses aux tigres et aux lions dédoublée par une rivière de reptiles aux longues dents révèlent les possibles nombreuses querelles de voisinage! Pendant près d'un siècle trois dirigeants vont se succéder et embellir ce lieu privilégié: Akbar commanditaire de forts, de palais et autres maisons secondaires; Jahangir ou plutôt "Jean Guy" nommé de la sorte par notre guide français du jour; et enfin Shah Jahan qui sera finalement enfermé par son propre fils Aurangzeb. Ce dernier aura cependant la complaisance de l'emprisonner dans une tour avec vue sur le Taj Mahal où reposait son épouse favorite. Quelle délicate attention... Outre les jardins et les bâtiments dédiés aux centaines de femmes de l'empereur, nous avons particulièrement été sensibles à la cour de justice publique le Diwan-i-Am. Le dignitaire des lieux placé sur son estrade pouvait voir l'ensemble de cette vaste cour. L'orientation des colonnes face à lui était telle qu'il était capable de voir toute l'assemblée depuis l'entrée du portail jusqu'à ses pieds. Sachez que toute personne s'adressant à l'empereur pour quelconque doléance ne devait à aucun moment quitter l'empereur de vue. Malheur à celui qui croyant sortir tourna le dos!
Le célèbre Taj Mahal - Inoubliable à 7:05 am affublé de son brouillard britannique! (Agra)
La cour de la justice publique du bon "Jean Guy" - Red Fort (Agra)
Le célèbre Taj Mahal tout miroitant! (Agra)
Le lendemain matin, nous quittâmes l'Uttar Pradesh et le Taj Mahal pour se rendre à Jaipur surnommée la ville rose. Sur notre route nous fîmes une courte escale à Fatehpur Sikri. Nous sommes en 1568 et le grand Akbar en manque de descendance mâle consulte un saint soufi Sheikh Salim Chishti à Sikri. Il lui prédira trois fils, et grâce à sa bénédiction son premier fils "Jean Guy" naîtra l'année suivante. De nos jours, le tombeau du saint situé au cœur de la ville fortifiée est un lieu de pèlerinage pour tous musulmans et hindous. Bien sûr nombreux d'entre eux viennent et prient pour espérer la naissance d'un garçon. Malheureusement, et comme va ainsi le monde, vous pouvez acheter pour quelques centaines de roupies (prix divin spécial étranger) une étoffe pour le déposer sur la tombe du saint ou un fil de laine pour l'accrocher aux dentelles du mausolée. Enfin, si vous ne souhaitez pas de garçon dans la famille, que faîtes vous? Et bien les indiens ont pensé à tout. Toute question de fertilité peut finalement être exhaussée avec un pourcentage de réussite défiant toute concurrence à savoir plus de 99,99 %. Après, vous pouvez toujours prier pour votre famille, vos proches. Pour ma part, j'ai rajouté une simple prière au bon saint: "Cher Cheik Salim Chiti, pardon d'écorcher votre nom. Je ne souhaite pas tomber enceinte, cela ferait désordre... Mais s'il est possible, j'aimerais en toute humilité que nous rentions en France sans trop de mésaventures..." Avec ce genre de prière lyrique si louable, nous ne craignions plus rien... Le soir même, mes lunettes de vue tombaient dans le taxi... Et six jours plus tard, nous étions à dos de dromadaires...
La mosquée Jama Masjid vue par une interstice depuis le tombeau de Salimn Chishi (Fatehpur Sikri)
Le groupe posant pour le guide (Fatehpur Sikri)
Des autochtones aux belles chaussettes (Fatehpur Sikri)
Nous ne pouvions plus faire marche arrière. Le sort en était jeté et la route à travers le Rajasthan nous tendait les bras. Jaipur, la ville rose, allait nous délivrer l'image d'une ville surpeuplée, un récital de Delhi avec ses monuments uniques, en particulier le palais des vents ou Hawa Mahal. Une sombre escale à Pushkar, ville sainte où un cygne aurait laisser choir un lotus et aurait rendu le site sacré. Ville malheureusement devenu extrêmement touristique où il ne fait pas bon flâner le long des ghats. Une pause tant espérée et méritée à Jodhpur, avec son fort Mehrangarh datant du XVième siècle et dominant majestueusement l'ensemble de la ville bleue. Plus notre voyage se poursuivait et plus nous sentions la chaleur des gens. Le grand ouest du Rajasthan est de plus en plus aride, le paysage change, le sable gagne sur la chaussée et le grand désert du Thar est à notre portée. Les premières demeures de la citadelle de Jaisalmer jaillissent peu à peu dans ce désert aride éclatant. La taille de la ville enfin "humaine" nous comblera par son calme et son côté château de sable. A ceci, vous rajouterez des temples jaïns resplendissants, des havelis richement décorées et une nuit en plein désert qui viendra couronner une fin d'année particulièrement riche...   
Albert Hall Museum et ses nombreux pigeons (Jaipur)
Le Hawa Mahal ou palais des vents (Jaipur)
Le Hawa Mahal vu depuis la cour intérieure
Des singes sacrés sur les toits (Pushkar)
Photo interdite et couché de soleil sur le lac sacré de Brahma (Pushkar)
Une des façades richement décorées du fort Mehrangarh (Jodhpur)
Couché de soleil sur la ville bleue depuis les remparts du fort (Jodhpur)
Canons d'un ancien temps et chants des muezzins au soleil couchant (Jodhpur)
Soirée roof top, danses folkloriques et vue sur le fort (Jodhpur)
Beautés en terrasse et en contre-bas du fort (Jodhpur)
La ville château de sable (Jaisalmer)
Ruelle étroite et imposantes mansions, Patwon-ki-haveli (Jasalmer - ville basse)
Haveli au cœur du fort (Jaisalmer)
Temple jain au cœur du fort (Jaisalmer)
Temple jaïn ou Brice canyon? (Jaisalmer)
Bada Bagh, complexe de royaux cénotaphes, bon pour la sieste (nord Jaisalmer)
Touristes bien équipés à Bada Bagh (nord Jaisalmer)

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