lundi 9 novembre 2009

Yosemite: behind the American spirit, the seasons come true!

Nombreux sont les moyens de découvrir le noble parc de Yosemite, et de contempler ses blocs de granite dans le paysage mythique de la Sierra Nevada. L'un d'eux, des plus sportifs, enfin à ce stade, ce n'est pas de tout repos, est d'emprunter le trail dénommé JMT pour John Muir Trail. Pourquoi? Il est si impossible que cela? Pour faire simple, disons qu'il traverse approximativement, verticalement du nord au sud ce parc, en passant non loin du Half Dome (un petit rocher délicatement taillé, sûrement par un géant sportif inattentif, que nous observerons sûrement par la suite!), et pour ponctuer sa course au sud au sein du Sequioa National Park. Pour donner un ordre d'idée, le parcours est tellement long, que Tic & Tac, réfléchiraient à deux fois avant de se lancer. C'est pour dire de l'étendu de l'excursion! Pas moins de 211 miles soit 340 kms. Oui, tout de suite à travers montagne, ça laisse pantois. Pour comparer rapidement, la superficie de ce parc excède celle de l'île de La Réunion et est grossièrement la moitié de celle de la Charente. Notez au passage l'effort de comparaison pour visualiser au mieux cette immensité. Quand nous allons visiter une nouvelle région française, ou un petit pays limitrophe, eux, ils vont se promener dans un "simple" parc. Vous comprendrez, bien entendu, que ce n'est pas en l'espace d'un weekend, que j'ai pu en voir le bout!La beauté de ce parc encore sauvage, vierge de toute civilisation, est due au dévoué écologiste et écrivain écossé John Muir (avec l'aide de l'éditeur du Century Magazine, Robert Underwood Johnson). D'où le nom porté à ce trail, effectivement. Il était l'un des saints patrons activistes et défendeurs de l'environnement américain au XXième siècle. De nos jours, nombreux volontaires et personnels du parc travaillent ensemble pour préserver ce patrimoine naturel. Patrimoine! C'est peu dire, je cite: "They are places to be shared, places where everyone is welcome, places where we can re-connect with our American spirit". Des endroits naturels à partager, où tout le monde est la bienvenue, ceci est très louable et plein de sagesse.Cependant "re-connect" montre que quelque chose se perd, s'éloigne au fil des années, des générations... certainement le côté proche de la Nature, la simplicité même de se promener dans une quelconque forêt, ou de sentir le dit écosystème si riche et fragile à la fois. Enfin, nombreux américains, même demeurant en Californie n'ont jamais visité de parcs nationaux. Non ce qu'ils perdent est "the American spirit", faisant allusion aux générations anciennes, la manière de pensée des ancêtres... Personnellement, je ne vois qu'une seule population proche de la Nature, vivant en parfaite harmonie avec cette dernière, cohabitant avec elle mais sans jamais épuiser ses ressources, sans jamais nuire au diaporama que nous pouvons encore admirer ci et là... Les Indiens d'Amérique! Sincèrement, j'ai du mal à concevoir cet American spirit, Natural spirit ne m'aurait perturbé en rien. Là, cette conception d'appartenance, American, liée à ce site naturel, une sorte de fierté patriotique quelque part me contrarie légèrement. Bien sur, ils peuvent être fiers de ce parc, il est resplendissant, et d'une dimension invraisemblable. Mais de là, à faire appel à un American spirit, alors que the Mariposa Indian War fit rage au profit de la quête vers l'or, alors que des défendeurs d'environnement tel John Muir, ont confié toute leur énergie et toute leur vie aux services de la Nature, je trouve le concept non pas arrogant, ce n'est certainement pas la réaction recherchée, mais complètement déplacé. Rendons à César, ce qui appartient à César! Certes, j'ai lu cette phrase dans la brochure du guide du Yosemite, elle a sûrement une intention publicitaire, mais je reste perplexe et quelque peu balancé en la matière!En revanche, ce que nous ne pouvons nier, et ce qui peut être porté à leur tribut, est l'investissement qui est de nos jours mis en œuvre pour préserver ce site. Enfin, ne soyons pas dupe non plus, ils ont trouvé en la sauvegarde d'un site merveilleux, un moyen fabuleux de rentrer d'argent. Enfin, le monde marche ainsi, de nos jours, logements, loisirs, divertissements, sites naturels exclusifs! Vous l'aurez compris, si vous faites abstraction de cet American spirit, et des flambants neufs hôtels resort en contre bas dans la vallée, mais également des premières centaines de mètres avec un sentier très bien tracé où les touristes sont légions, et bien un Natural spirit vous conquis peu à peu, vous enivre et vous emporte. Face à la magie de ce site, souvent les mots nous manquent, pour partager nos émotions.Nous nous sommes rendus dans une partie isolée du parc, celle, cependant indispensable à visiter: the Yosemite Valley. Respectant, cet "American spirit", nous avons dormi dans un luxueux et si confortable 2Bedrooms/Unheating. Oh! Ne nous blâmez pas, entre tous ces somptueux hôtels, le choix fut cornélien. Cette partie de la vallée est de toute beauté. On peut remercier dame Nature, d'avoir façonné (bon elle a pris son temps également, plus de 200 millions d'années) à travers les âges (elle a tout utilisé aussi: sédimentation, subduction, éruptions volcaniques, courants glaciers etc.) cette vallée sculptée en "U". Il est donc assez incroyable de voir surgir des hauts sommets des chutes d'eau vertigineuses.En l'espace d'un weekend, nous avons eu une vue presque panoramique du Half Dome, qui est un rocher taillé de façon très saillante, un dôme scindé en deux! La première journée, nous avons pu jouir d'une promenade agréable au cœur de la vallée, longeant un torrent parsemé de géants rocs. Yosemite vallée était nommée par les indiens "Ahwahneechee", qui signifie "l'endroit de la bouche béante", ce qui en dit long de la grandeur, et de la profondeur de ce lieu. J'ai également retrouvé, mon goût égaré pour un temps, pour les couleurs d'automne. En effet, vous ne serez sans savoir, que L.A. bénéficie d'un ciel bleu omniprésent toute l'année, et que l'hiver est printanier! Oui, les cactus et les palmiers ne courent pas les rues en France.La seconde journée fut beaucoup plus épique, enfin les 2 journées avaient leur attrait. Vertige, vide, couleurs d'automne, une luminosité parfaite (excepté le soir et l'arrivée à la voiture), conifères géants etc., cette expédition était, si je peux inventer le mot, des plus grand-canyonesques! Tic & Tac garderont un souvenir inoubliable de la rencontre avec l'ourson. A propos, le guide dit qu'il ne faut pas s'approcher à moins de 100 yards (91m) d'un quelconque ours! 20 - 30 mètres c'est beaucoup moins, non? Enfin, à chaque excursion, un peu plus longue, nécessitant une bonne journée de marche, nous nous sommes retrouvés seuls avec la Nature. Elle, si majestueuse, et solennelle par moment, nous a fait découvrir et peut-être effleurer le temps d'un regard la pensée de John Muir...

"The clearest way into the universe is through a forest wilderness"

1 commentaire:

  1. superbe ballade, où vs aurez eu enfin vos couleurs d'automne.. on ne peut pas s'en passer de cette intersaison hein ?! nous elle se finit ...
    et John Muir tu as trouvé un livre de lui ?
    et prévoit un itinéraire version light-light-ultra-light pour moi !! 350 km, non mais t'es po ouf toi ?!!
    ballez je file m'entrainer ds la vallée de Cayac, j'espère ne point tomber ds le gouffre de l'eau Bourde...
    biiiizzou

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